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La céramique japonaise / par G. A. Audsley & James L. Bowes
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INTRODUCTION.

lhistoire et sur la destinée des empereurs et des héros. Voici comment sexprime Kæmpfer àce sujet : « Les chroniques de lhistoire et des héros sont farcies de récits fabuleux sur cetcc animal. Il se tient, à ce quon croit, au fond de la mer, qui est son élément naturel. Dans lescc livres, on le représente sous lapparence dun long et énorme serpent à quatre pieds, entiè-re rement cuirassé décailles comme un crocodile, avec des aiguillons effilés le long du dos; mais(c la tête est, par-dessus tout, monstrueuse et terrible. Certains vêtements de lempereur, sesce armes, ses cimeterres, ses poignards, etc., de même que les meubles et les tapisseries de sonce palais, sont décorés de figures de ce dragon, tenant un joyau en boule ou. une grosse perleee dans la patte droite. » Il est vraiment dommage que ce voyageur ait négligé de citer quel-ques-unes des légendes dont il parle ; pour suppléer à cette lacune, nous lui en emprunteronsune qui est relative au lac dOïtz : « Un dsia (dragon), dit-il, animal révéré au plus hautcc degré chez les nations païennes de lAsie, et particulièrement par les Chinois et les Japo-cc nais, qui le montrent dans leurs dessins avec des mains, des jambes et deux cornes, vivaitcc sur les bords du lac dOïtz. Dans le même temps, il y avait un immense scolopendre oucc mille-pieds, aussi grand que deux hommes ensemble et gros à proportion, au sommet dunecc montagne ou plutôt sur la croupe dune colline située près de la route, à deux milles decc lantre du dragon; et cette colline a même gardé dans son nom (Makkado J anima, montcc aux mille pieds) le souvenir de la monstrueuse bête. Ce scolopendre, qui dévastait le payscc dalentour, descendit une nuit de ses hauteurs jusquà la demeure du dragon et y détruisitcc ou dévora les œufs de sa couvée. Ce méfait amena un combat acharné entre les deuxcc animaux, combat dans lequel le dragon remporta une victoire complète et tua soncc adversaire. En mémoire de cet événement, on érigea dans cette partie de la localité, appeléecc Tawarrat-tadou, un temple qui subsiste encore et quon nous a montré à lappui de cettecc légende. »

Quoique leau paraisse être lélément naturel du dragon japonais, il ny reste pas absolu-ment confiné, puisquon le représente, de même quen Chine, tantôt dans les nuages, tantôtparmi les flammes. A notre avis, si lon possédait à fond le mythe ou la légende du monstre,on sapercevrait que la superstition populaire sest attachée à deux espèces de dragons, habi-tant lune les profondeurs de lOcéan, lautre les régions de lair. Avouons cependant que nousnavons rencontré dans lart japonais rien qui ressemble à un dragon ailé, et quen Chine,le dragon est clairement figuré comme un habitant de lair, le manque dailes a été aussiremarqué.

On trouvera dans lillustration de cet ouvrage deux modèles de dragons : le premier (pl. I,fig. i), daprès un rouleau, le présente au milieu des nuages; le second (pl. XL), en reliefsur un vase de Kioto, le montre sortant de la mer. Tous deux se ressemblent dans leurs traitsessentiels, et ils ont les mêmes aigrettes de flammes.

Le dragon, familier au pinceau des artistes anciens, décore plus fréquemment leurs œuvresque celles des modernes. Sur les émaux cloisonnés, il figure souvent; ainsi, la collectionBowes, qui en possède deux cent quarante, nen compte pas moins de quarante ornés dedragons. En étudiant ces intéressantes pièces, on voit que la façon de rendre lanimal nest pas