PREFACE.
T Es hommes n'ont tous qu'une feule & mê-me fin, qui effDieu qui mus a crées pourfetoumer à lut. Nous sommes tous égauxpar notre nature, & en remontant jus qu'àAdam , les titres de noblesse dijparoiffènt ,& nous trouvons que nous sommes tous frè-res & sœurs. Aucun homme n'eff donc étran-ger à un autre homme , le commandement d»v amour du prochain s'étend à tous, & nous.,avons tous le même intérêt â nous aider mu-tuellement par une société amiable. La fa-çon dont les hommes vivent entr'eux , n'effpas- conforme à leur nature , elle ejì l'effetd'une révolution arrivée dans la nature parle péché. Triffe époque où le vice prit laplace de la vertu , & la malice celle del'innocence des mœurs. IJhomme deventtméchant par la corruption de fa nature, &dominé par fes passions , eff devenu commeìn/òciable; depuis ce tems il ne songe qu'àcontenter fes passions , fans songer aux au-tres hommes fes égaux; on diroit , à le voiragir , que les autres hommes n'exiflent qu'à/es dépens; ilvoudroit ramasser lui feustousles biens de la terre, & que tous les autresJè contentassent de vivre par la feule respi-ration de Pair. Delà font nés la divisiondes biens , & la séparation des hommes .La mésintelligence, jointe à la confusion