PRÉFACE. v
somme nos pécheurs vont à la pèche du ha-rang. Personne ne croît non plus que lesSouverains ayent le droit de faire la guerrepour leur plais r ou leur amusement, ou-pour acquérir le titre de conquérant. Non ,ce plaisir, cet amusement, ce titre de gloi-re ,J'eroieiit mis à un prix trop haut & troponéreux aux sujets , pour qu'ils pujjèntêtre permis aux Souverains.
Dans le monde il n’est rien de beau que l’équité ; BoileattSans elle la valeur, la force, la bonté, Sttt. XI.
Et toutes les vertus dont s’éblouit la terre,
Ne font que faux brillans, & que morceaux de Verre.
Un injuste guerrier, terreur de l’Univcrs,
Qui fans sujet courant chez cent peuples divers,
S’en va tout ravager jufqu’aux rives du Gange,
N’est qu’un plus grand voleur que D u Torte & Saint Angp
Tous ces fiers Conqutírans, Rois, Princes, Capitaines,Sont moins grands à mes yeux que ce Bourgeois d’AthònosOui' fçut pour tous exploits, doux, modéré, frugal,Toujours vers la justice aller d’un pas égal.
Il faut doncpourfaire la Guerre une bonneraij'on, n'tn doutons pas; & comme on ejlplutôt en droit de Je défendre que d'atta-quer, delà il s'enfuit que les motifs quiengagent à faire une Guerre ojfetifve doi-■vent être plus forts Gplus solides que ceuxqui engagent à une Guerre défensive. Etcomme la Guerre efì un mal plus grandque celui auquel on veut l'oppojèr, jamaisif en doit-on faire usage, que lorsqu'il n'ya plus-moyen de l'éviter; car ordinairement•« dit, & avec raison, qu'un mauvais as-