SUR LA GUERRE DE 176c,. , 9
II est sensible que par une telle disposition des forces 1 onest en état, fans trop les diviser & sans s’ affaiblir, de detac erdes corps proportionnés au besoin. Si on a bien calculé e temsdes travaux & de la construction des ponts, celui u pa âge,& celui des mouvemens & des marches , on arrivera toujo cà tems pour attaquer l’ennemi par-tout où il se présentera, àle culbuter avant qu’il soit en forces & posté. L on ne saurai,empêcher souvent qu’une, tête ne passe dans quelqu endroit,mais ce qu’on peut presque toujours, quand les mesures foubien prises &; bien compassées, c’ est d’empecher 1 ennes’établir. A f , -
Si malgré les arrangemens les plus sages on eut ete assezmaî-habile dans 1’ exécution pour lui laisser le loisir de faire cetétablissement & de se retrancher, ou si en l’attaquant on eutété repoussé, il aurait fallu au moins troubler & retarder sestravaux, le resserrer de manière à ne lui guere permettre deles étendre, & enfin se poster de façon à lui rendre e debon-cfié difficile & périlleux. C’est à quoi auraient servi les redou-tes & le s abatis que j’ai proposés. II y a une infinité de res-sources avant d’être obligé de se retirer pour prendre en arne-re la position qu’on aura reconnue la plus propre a arreter en-nemi: mais rarement profite-î-on de ces ressources, parce qu ilY a peu de Généraux assez éclairés & assez fermes pour les voir^ les embrasser. , -
J’ose croire que si les Turcs avaient tenu une conduiteconforme à ces dispositions , les Russes auraient échoué au pai-% e du Niester. Mais ce n’est pas à cela que je borne par monplan le s succès des armes Ottomanes. La defense du Niester11 €n E qu ’une partie. II s’agit non seulement de faire avor-ter toutes l es mesures de l’ennemi pour le passage, mais demettre f 0n armée - s e dans ? impossibilité d’entreprendre cePassage s ans s , ^ ^fer au risque d’être entièrement détruite. Hest questsen de lui ôter ses subsistances, de la réduire aux ex-trémités les p i us fâch euses, de la contraindre enfin à se retirer& de lui rendre cette retraite difficile & dangereuse. On neAmande pour exécuter tout cela que deux corps de trente
hommes chacun, & ce n’ est pas , je crois, trop deman-der au * Turcs, Ils ont employé de bien plus grandes force