i4 CONSIDERATIONS
la plupart, ils ne font d’ordinaire que des ignorans & des im-posteurs. Ils ne savent ni pointer les pièces, ni les servir aveccélérité. II y a dans les places & dans les arcenaux beaucoupde grosses pièces , & même trop grosses â mal construites. Cen’ est pas qu’ elles ayent un gros calibre., * mais elles ont l’épais-seur double de celle qui répond au calibre , & sont aussi gros-ses à la bouche qu’ à la culasse ce qui les rend extrêmementpesantes & difficiles à servir. Les affûts en font souvent Aiispro-portionnés& toujours grossièrement travaillés, ayant les -rouestout d’une pie ce. En général ils ont beaucoup d’artillerie, maispeu de bonne. Une refonte serait nécessaire, & ils devraient sepourvoir de pièces de huit & de seize. 11s mettent leur canonsur des chariots traînés par des bustes., quoiqu’ils y atteler,taussi quelque fois des chevaux. Quand il s’ agit de le posersur les affûts & de le mettre en batterie, c’,est une histoire quine finit point,, ce qui donne beau jeu à l’ennemi. Ils n’ont quedes pièces de parc, & point d’attachées aux troupes. Ils en ontseulement de très-petites semblables à nos pièces à dos de mu-let qu’ ils font porter par des chameaux, & dont ils ne se fer-vent qu’en Afie. L’ art de combiner les feux de .l’artillerie pouren multiplier & en augmenter les effets, leur est totalement in-connu. Ils n’ ignorent pas moins celui d’en faire usage dans lesretraites, où elle devient ordinairement la proie du vainqueur.Ils consument inutilement une grande quantité de poudre , carils font toujours dans la vieille .erreur que plus on-en met dansla pièce plus le boulet va loin. Ils seraient bien surpris si onleur faisait voir que les portées ne font jamais proportionnelles• aux charges, & que les petites, réglées fur celle qui a été dé-terminée relativement à la longueur de 1’ ame & à la grandeurdu calibre , font beaucoup plus d’effet, à proportion,, que lésfortes, parce que tout T excédent de la poudre qui n’a pas lerems de s’enflammer occupe dans le canon une partie -de l'es-pace que le boulet doit parcourir, & parce qu’ en augmentantla résistance contre le .fluide élastique il diminue la vitesse dumobile.
* H cependant vrai que lez livres p ar exemple, mais ils ne s’enTurcs ont plusieurs anciennes pieces fervent point, en ayant reconnu euxd’un calibre énorme ., jusqu’à cent ra ames r embarras & r inutilité.