SUR LA GUERRE DE i 7 <í 9 . çi
Contre les Jannissaires l’infanterie doit être soutenue parde bons escadrons r & la cavalerie doit l’être par des batail-lons contre les Spahis. 11 faut de l’infanterie fur les ailes, afiaque s’ils veulent les tourner ils trouvent par-tout un feu égald’artillerie & de mousqueterie avant la charge, & par-tout unehaie de bayonnettes dans le choc. C’ est le moyen de leur fai-re rebrousser chemin promptement. Les ‘Jannissaires abandonnésdes Spahis font perdus parce qu' ils n’ ont aucun ordre de re-traite , & pour peu qu’ on profite de la victoire ils font hachésEn pièces &: détruits fans ressource. Quant aux Spahis ce seraitnne folie que de vouloir les poursuivre. Ils sont si bien & si le-
fìernent montés qu’il est impossible de les atteindre. Mais le
Turc battu ne connaît que la fuite : il abandonne tout au vain-queur , camp, équipages, artillerie, magasins, & des provincesEntières.
Les Russes feront sagement de toujours retrancher leurspamps , assez du moins pour se garantir des entreprises ou desinsultes de la nombreuse cavalerie Tartare. Ils feront bien ausside ne jamais leur donner une trop grande étendue , afin d’êtrePlus en force. En choisissant des terreins resserrés il est plus fa-
csie de se procurer de fortes positions , & d’avoir le front &
* es flancs inabordables. Contre le Turc, & même contre quique ce soit, rien n’est si absurde que la mauvaise castramétationqui tient à la tactique des mincisses, & il vaut mieux camperfur doubles faisceaux que de trop s’étendre.
Si l’on s’était affermi à tems en Moldavie pour empêcherI e ravage & la dépopulation de cette province, on aurait puy trouver des ressources considérables non seulement pour lesécrues & les nouvelles levées, mais aussi pour le rétablisse-ment Sc Y amélioration de la cavalerie. Autant inférieurs aux1 ures p ar [ e physique de cette cavalerie, que supérieurs par1 ordre A la discipline, les Russes auraient pu corriger ce qu’eilea de déseêìueux dans un pays qui fournit beaucoup de chevaux
E singulier qu’ on s e contente d’endonner aux chasseurs, & encore plussingulier qu’ on les ait données à descompagnies de chasseurs plutôt qu auxbataillons. ayant pu conjecturer par
des effets des baïonnettes ordinairesceux qu’ on peut se promettre decette arme perfectionnée, & avanta-geusement employée.