la DISCOURS SUR l’étude
contraste dans les détails, telle est la source deces grands effets, de ces mouvements excités parla variété de ses tableaux. Que tranquilles sur lerivage, nous apercevions tout-a-coup les vaguesd’une mer agitée s’avancer comme des montagnesentassées sur des montagnes, s’arrêter à nos pieds,et retourner, en mugissant, dans leur vaste bas-sin ; ce grand tableau élèvera, avec le sentimentde la terreur, notre imagination au plus haut de-gré d’exaltation : des affections à peu près demême nature s’empareront de notre ame à lavue de ces roches élevées par gradins, offrant leurcime glacée à la fureur des aquilons : l’aigle etle vautour interrompent seuls, par leurs cris, lesilence effrayant de ce séjour de désolation et demort ; tandis qu’au pied de.ces mêmes montagnes,un vallon délicieux, qu’arrose un ruisseau des-cendu par cascades de roche en roche, porte dansnotre ame une douce sérénité, le sentiment dubien-être.
C’est au milieu des plus riches productions dela nature que l’homme trouve tout ce qui peutsatisfaire à ses besoins. Les animaux lui offrent leursservices, les plantes leurs fruits : mais, pour enprofiter, l’homme a besoin de toute son intelli-gence; c’est par l’exercice seul de cette facultéqu’il peut pourvoir plus facilement à son exis-tence , au choix, et à l’apprêt de sa nourriture ;tandis que l’animal, borné au seul instinct, latrouve toute préparée. Il faut à l’homme, pour