2/j DISCOURS SUR l’ÉTUDE
la prairie n’est pas le même que celui qui bour-donne dans les forêts. Les minéraux ne nous of-frent pas moins d’observations curieuses ; ceux-cisont de nouvelle formation; ceux-là portent lecachet de l’antiquité : à la vue de la dépouille desêtres organiques de l’ancien monde, on croit ex-ploiter d’antiques tombeaux : le sol sur lequelnous imprimons nos pas est celui de la vieillenature.
Heureux celui qui peut consacrer à ces intéres-santes recherches quelques moments de loisir, ets’y distraire des fonctions qu’il remplit dans lasociété. Dans cette étude si attrayante, une seulepartie, dans l’impossibilité de les embrasser toutes,suffit pour occuper très-long-temps, pour occu-per toute la vie sans être épuisée. L’étude'de lanature n’a point de bornes ; par là même, elle acet avantage d’offrir à notre curiosité des objetstoujours nouveaux, toujours à notre disposition.Ces jouissances, je le répète, ne sont donc pas ex-clusives ; elles ne le sont que pour ceux qui lesdédaignent ou les ignorent. Quelle différence, sion les compare à l’ennui, à cette fatigante oisivetéqui se glisse dans le palais des grands ! Dans les plai-sirs factices, dans ceux qui reviennent tous lesjours, l’habitude de jouir amène l’indifférence etle dégoût : il n’en est pas de même du naturaliste ;il fuit le grand monde et ses plaisirs pour vivredans le sein de la nature. Dans la solitude, aumilieu des campagnes, son imagination est sans