DE LA BOTANIQUE. 6f
bien de personnes, par exemple, séduites par l’é-tude aimable, et en apparence si facile, des plantes,y ont renoncé, rebutées par les difficultés qu’ellesy ont trouvées. D’où vient cela ? de la mauvaiseméthode que l’on emploie : on commence par oùil faudrait finir. Impatient de jouir, on veut con-naître rapidement beaucoup de plantes ; on lesentasse dans un herbier; bientôt elles s y multi-plient avec confusion; souvent elles portent desnoms assignés très-légèrement, ou placés sur pa-role (i); mais elles n’ont presque point été étu-diées. Si on les retrouve plus tard dans leur lieunatal, on a peine à les reconnaître. Un pareil tra-vail fait" sans ordre, avec précipitation, n’apprendpresque rien, et à la fin amène le dégoût. On estfier, au bout de quelques mois de recherches etd’herborisations, de pouvoir montrer une collec-tion de quelques centaines de plantes. C’est unejouissance de vanité et d’amour-propre. Bientôtle vide lui succède.
Est-il étonnant, d’après cela, que le dégoûtaccompagne une étude aussi mal dirigée? Nousprenons, pour arriver à notre but, le chemin leplus mauvais, le plus épineux. Souvent encorenous ajoutons aux difficultés en voulant suivrelà nature dans les livres, au lieu de la prendre où
(i) Qoe penser de ceux qui fréquentent tous ïes jours des jardinsde botanique, et en emportent, chaque fois, une boîte pleine d’exemplairesétiquetés? ils les emmagasinent, voilà tout, et se vantent de possédertant 'de mille plantes.