l3 1 DISCOURS SUR LES PBOPRIKTÉS
Mais à mesure que la médecine est devenueune science d’observation, les propriétés des plan-tes furent recherchées avec plus de méthode ; leurseffets étudiés avec plus de soins; leur emploimieux déterminé ; les découvertes furent renduespubliques ; beaucoup de recettes populaires, ainsique les cérémonies superstitieuses qui les accom-pagnaient, furent supprimées. Il s’en conserva ce-pendant un certain nombre, ainsi qu’on le voitdans Pline, Dioscoride et autres anciens, qui nousont, surtout le second, transmis, avec le nom desplantes , les usages divers auxquels on les em-ployait. Une longue suite, de siècles a suffi à peinepour détruire de vieilles erreurs qui, même au-jourd’hui , ne sont pas encore entièrement dispa-rues. L’imagination exaltée par cette multitudede remèdes offerts dans les plantes à l’hommesouffrant ; une confiance aveugle dans leur effi-cacité ; l’importance attachée à la connaissance deleurs propriétés médicales, donnèrent à l’étudedes plantes une direction d’autant plus funeste,qu’elle éloignait du véritable but. On abandonnatoutes celles dans lesquelles on ne soupçonnaitaucune vertu curative : la science de la naturefut délaissée pour de prétendues qualités vagues,incertaines, erronées. En vain les fleurs bril-laient aux yeux de l’homme ; leurs charmesavaient perdu leur empire; on ne les signalait quesous leurs rapports avec les infirmités humaines :dès lors la fraîcheur des bosquets disparut ; les