l56 HISTOIRE DES PLANTES.
verrons, sous cette considération, les espèces suc-céder à d’autres avec des organes progressivementplus étendus. Ces vues philosophiques, insépara-bles de«l’étude des plantes, quoique trop négli-gées, nous guideront également pour leur classi-fication, qui doit s’en rapprocher le plus possible.
Il ne faut pas se laisser séduire par l’expres-sion de plantes acotjlédonées , imposée aux fa-milles renfermées dans cette coupe très-naturelle.L’absence des cotylédons que l’on suppose, danstoutes les espèces, n’en est pas le principal carac-tère ; et quand même quelques-unes seraient co-tylédonées , comme on le soupçonne dans lesmousses, les fougères, etc., elles ne doivent pointpour cela en etre exclues. Cette première divisionprésente l’organisation végétale dans sa plus grandesimplicité; réduite, surtout dans les premièresfamilles, à une substance presque homogène, àun tissu cellulaire uniforme, sans vaisseaux pro-pres ou lymphatiques ; point d’organes sexuelsdistincts. Cette organisation se complique peu àpeu , à mesure que l’on avance dans la série desfamilles, ainsi que nous le verrons en passant desalgues aux champignons, de ceux-ci aux lichens,aux hépatiques, aux mousses, etc.
C’est dans les acotylédonées qu’est renferméela classe entière des cryptogames de Linné , ex-pression qu il appliquait aux plantes dont les or-ganes sexuels échappaient à la vue, mais dont ilsupposait l’existence, persuadé qu’aucun végétal