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Tome VII.
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irj HISTOIRE DES PEA 1 VTES,

Virgile, dans ses Géorgiques , pour mettre encontraste les terrains cultivés avec les simplesproductions de la nature, qui ont aussi leur uti-lité et leur agrément, nous transporte sur lesroches incultes et sauvages. Quel plaisir, dit-il,de voir les ondulations que forme le buis sur lemont Cytorus (i)!

Et juvat undantem buxo spectare Cytorum.

Georg., II, v. 437.

Le buis est un arbrisseau qui s’élève à la hauteurde douze à quinze pieds sur une tige tortueuse,à rameaux opposés, tétragones. Les feuilles sontsimples, opposées, entières, fermes, ovales, per-

(i) "Virgile , dans ce vers, nous peint la nature en poète qui l’a obser-vée. Le buis se plaît sur les coteaux élevés , qu’il embellit et revêt de sesnombreux rameaux r il y est exposé à l’action presque habituelle desvents ; il en résulte des ondulations qui nuancent la belle verdure de sonfeuillage. Il n’y a là rien de sombre et de lugubre : une pareille image n’estpoint celle de Virgile . Je crois donc que notre poète Delille, si admi-rable d’ailleurs , n’a pas saisi tonte la beauté, l’étendue du mot undan-tem , qui forme seul un tableau de la plus grande vérité, que ne rendpas ce vers :

J’aime et (les sombres buis le lugubre coup d’œil.

Les feuilles de buis sont d’un gros vertj elles ne sont point sombres ,mais luisantes et comme vernissées ; elles ne produisent pas un lugubrecoup d'œil. Cette expression ne répond pas au mot juvat (d me plaît),on n’aime guère ce qui est lugubre.

Je ne me suis permis cette remarque que pour avertir les poètes , quelleque soit la beauté de leurs vers, d’étudier la nature, quand ils voudront entracer de fidèles tableaux. Lorsqu’un coteau couvert de buis , et agité parle vent, se présente à ma vue, j’aime à me rappeler le vers de Virgile ; celuide son traducteur est oublié.