0.86 HISTOIRE UES PLANTES.
dans des cabats, et mettent ces cabats à unepresse, pour en exprimer le suc qu’ils exposentau soleil pendant une heure ou deux. Après cela,ils y trempent des chiffons qu’on étend sur unehaie jusqu’à ce qu’ils soient bien secs : cela fait,on prend environ deux livres de chaux vive qu’onmet dans une cuve de pierre, et l’on jette pardessus la quantité d’urine qui peut suffire pouréteindre cette chaux. On place des hâtons dans lamême cuve, à la hauteur d’un pied au-dessus dela liqueur, sur lesquels on étend les chiffonsqu’on avait déjà fait sécher. Après qu’ils y ontresté quelque temps, c’est-à-dire jusqu’à ce qu’ilsaient été humectés par la vapeur de l’urine et dela chaux, on les tire de la cuve, on les fait sécherau soleil, et quand ils sont bien secs, on les re-trempe comme auparavant dans du nouveau suc,et puis on les envoie dans différentes parties del’Europe . C’est ce qu’on nomme tournesol en dra-peau, et ce que les Hollandais, principalement,achètent des marchands de Montpellier , ayantl’art d’en extraire ce qui forme leur tournesol enpâte ou en pain.
On se sert du tournesol en Allemagne , en An-gleterre , en Hollande, etc., pour colorer despâtes, des conserves, des confitures, des geléeset diverses liqueurs. Les chiffons de tournesolservent à colorer les vins qui sont d une teintetrop claire. On dit qu’on les emploie à cet usageen Hollande, ainsi que pour les fromages à