342 H I S TOI RE DES PLANTES.
ombrage, une fraîcheur délicieuse pendant leschaleurs de l’été, et lui offrent surtout des res-sources inépuisables de commodités et d’agré-ments , par le grand nombre de services qu’il enretire. D’une autre part, l’arbre est le complé-ment de la vie végétative; il l’emporte surtoutes les autres plantes, par sa vigueur, parl’abondance de ses sucs vitaux, par ses moyensde reproduction; il étonne par la longue durée desa vie, par la grosseur et l’élévation de son tronc,enfin par son port et par l’ensemble de toutes sesparties.
Toutes les lois que la végétation s’établit surun terrain neuf, lorsqu’elle est livrée à elle-même,lorsque ses admirables et longs travaux ne sonttroublés ni par la hache destructive, ni par ladent des animaux , elle finit toujours par produiredes arbres, et la surface entière du globe n’of-frirait qu’une vaste foret sans la réunion deshommes en société. L’étendue des forêts estle plus grand obstacle qu’éprouvent les nouveauxcolons, lorsqu’ils arrivent, pour la première fois,dans des contrées privées d’habitants. Il en estde même des pays cultivés pendant une longuesuite de siècles, puis abandonnés, et dépeuplés,soit par les ravages de la guerre, soit par lalongue durée des maladies pestilentielles. Dèsque les plaines cultivées sont livrées à elles-mêmes , les forêts couvrent, avec le temps, cetteterre sillonnée d’abord par le soc de la charrue,