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Le bois du mélèze l’emporte en bonté et endurée sur celui des autres pins et sapins. Les me-nuisiers le préfèrent; il résiste long-temps à l’ac-tion de l’air et de l’humidité : on en fait des gout-tières, des conduits d’eau souterraines, de bonnescharpentes; il entre dans la construction des petitsbâtiments de mer. Eu Savoie , en Dauphiné, enSuisse , etc., on bâtit des maisons, en posant àplat, les unes sur les autres, des pièces de mélèze:ces édifices sont imperméables à l’eau, et durentdes siècles. Comme ce bois est très-uni, qu’il n’estpoint sujet à se fendre, les peintres s’en serventpour leurs tableaux : ils en faisaient le mêmeusage du temps de Pline. H découle de cet arbreune résine abondante, que 1 on recueille avec soin,et qui est distribuée sous le nom de térébenthinede Venise . Il suinte des feuilles du mélèze, dansles mois de mai et de juin, une sécrétion sous laforme de petits grains un peu gluants, qui s’écra-sent facilement sous les doigts: c’est une sorte demanne qui approche de celle de la Calabre , quipurge comme elle, mais à plus forte dose. On laconnaît sous le nom de manne de Briançon ou demélèze. II ne paraît pas que les auteurs grecs aientmentionné le mélèze: Théophraste n’en parle pas ;mais il était connu chez les Latins. Pline, qui lecite sous le nom de larix , ne parle que de sonemploi, sans en faire aucune description (lib. 16,ca p. 10,),