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Tome VII.
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474 LETTRE SUR UN VOYAGE

reux capitaine, car on montre encore, en face duchâteau, la place où son fils unique, âgé detreize ans, fut tué d’un coup de pied de cheval.

Ce lieu, où l’art meurtrier de la guerre fut tantde fois réduit en système, où toutes les combi-naisons d’attaques, de défenses, de sièges, deprises et d’assauts furent épuisées, a fait place àdes arts plus paisibles. Une manufacture d’in-diennes , dirigée par des Génevois , y est en ac-tivité depuis plusieurs années.

Le parc de Vizille est vaste, les eaux en sontbelles. La Romanche, torrent impétueux, quiprend sa source dans les glaciers de la Bérarde,la plus haute montagne du Dauphiné, arrose cepays, après avoir parcouru tout l’Oysans, et sejette dans le Drac, qui se perd lui-même dansl’Isère , un peu au-dessous de Grenoble. La routede Vizille est bordée de noyers antiques quil’ombragent; l’œil se repose sur des prés émaillésque l’habitant de la plaine fertilise, en détournantadroitement les eaux des torrents, et en multi-pliant les canaux d’irrigation. Des maisons decampagne le terminent à l’horizon , qui lui-même est fermé par la chaîne des montagnescalcaires, qui sont au nord et au couchant deGrenoble .

Mais ici la scène change tout-à-coup. La naturese revêt de formes plus sévères ; les rochers s’élè-vent; la Romanche roule ses flots avec impé-tuosité, et les noirs sapins qui la dominent, et