DANS LES HAUTES ALPES DIT DAUPHINÉ. 479
major ne présentait pas encore les rayons de sonétoile à ceux de l’astre qui devait les développerdans peu de temps.
Après avoir monté pendant quatre heures en-viron , et parcouru des prairies charmantes, dontla verdure contrastait avec l’azur des gentianes(i),nous arrivâmes à une bergerie située sous le re-vers d’une mine de cristal. Les rochers étaientcouverts de cristaux de roche ; mais cette lenteopération par laquelle la nature arrive à ses fins,et qui dépose en faveur de la plus haute antiquitédu globe, n’était encore qu’ébauchée, et noustrouvâmes beaucoup plus de quartz laiteux quede véritables cristaux. Ceux qui approchent leplus de leur dernière forme conservent une teintejaunâtre et terreuse, et n’ont point ce degré depureté et de transparence qui distingue ceux dela Suisse , et particulièrement ceux du montSaint-Gothard .
Le lait et le beurre de la bergerie, ajoutés ànos provisions, composèrent notre déjeuné. Dessources jaillissaient du sein des rochers ; le saxi-fraga stellaria sortait de leurs fentes humides, etle gazon sur lequel nous déjeunions était tapissédu sibbaldia procumbens , petite plante que l’onvoit avec peine rejetée aussi loin de la famille despotentilla , dans un système artificiel, mais que lebotaniste, qui cherche dans ses études les lois des
p) Gentiana nivalis et balança , Linn.