D’ARCHITECTURE. 87
le chapiteau tracé sur cette planche, entre lesplans & les élévations de cet entablement, est lemcme que celui de Vignole , copié d’après l'anti-que , le chef-d’œuvre de l’imniortel Callimaque,& de 1 origine duquel nous avons parlé dans lepremier volume, page 197. Les modernes ontnéanmoins donné à ce chapiteau un peu plus dehauteur. Celui des anciens, rapporté par Vitru-ve , n’a que deux modules, au-lieu qu’ici il estde deux modules íìx minutes , augmentation quile rend plus élégant & plus propre, pour cetteraison , à servir de couronnement à la tige sveltede la colonne Corinthienne. La distribution desornements de ce chapiteau, fa symétrie, la variétéde ses aspects , vus de face & fur sangle , lotitautant de beautés qui concourent à fa perfection ;& l’on peut dire que fa composition, toute à lafois vraisemblable, intéressante & sublime , doitle faire regarder comme un chef-d’œuvre, ainsi quenous lavons dit ailleurs ; aussi n’a-t-il éprouvéaucuns changements jufqu’à nous , depuis que (ahauteur a été fixée par les modernes à deux mo-dules six minutes ; & si dans nos édifices quelqueschapiteaux Corinthiens plaisent moins les uns queles autres aux hommes de goût, cette différenceprovient feule de surcapacité ou de l’habileté desSculpteurs qui font chargés de leur exécution,& non de la beauté de son ensemble & de sesdétails ingénieux , dont l’idée admirable n’a pu êtresurpassée par aucun Artiste , à en juger par toutesles autres compositions de ce genre ; car on doitcompter pour rien les feuilles d’olivier ou de persilqu’on lui applique à la place de celles d’acanthe,selon que cet ordre fe trouve faire partie de telou tel édifice. Les chapiteaux Corinthiens les plus