D’ARCHITECTURE. 221
l'Orangerie de Versailles , & du dôme des Invali-des par Hardouin, il s’éleve encore à Paris tantd’ouvrages médiocres , & qu’on aille chercherdans les entrailles de Rome , & dans les ruinesde la Grece, d’autres chefs-d'œuvre fans doute;mais qui souvent appliqués inconsidérément à nosédifices fans consulter le local, nos matières &nos usages , ne produisent, pour la plupart, quedes beautés passagères, tandis qu’assez riches denotre propre fond, nous exposons volontairementpar là notre Art à une vicissitude à peine permisedans les ouvrages de pur agrément. II est vraiqu’on peut reprocher à Mansard, ainsi qu a Lescot,d’avoir employé leurs ordres d’un trop petit mo-dule , & peut-être de les avoir trop réitérés lesuns au-dessus des autres ; mais , d’un autre côté ,peut-on fans émotion considérer avec quel artMansard y est parvenu , lorsqu’on examine àMaisons les transitions fines & délicates qu’il a suemployer , pour passer du solide au moyen , &du moyen au délicat. Nous osons le dire ici ,personne avant ni depuis lui , n’a poussé si loincette magie de l’Architecture : de quelle admira-tion , de quel charme ne sommes-nous pas épris, àl’aspect de ce chef d’œuvre! Combien ne sommes-nous pas convaincus de notre insuffisance, lors-que toutes les années nous nous transportons àMaisons avec nos Eleves, pour nous y convain-cre que Mansard est le Dieu de l’Architecture , &que tes ouvrages fournissent le modele le plus par-fait à imiter pour ceux qui veulent atteindre àla plus grande célébrité. Que ceux-ci fur-tout yretournent plus dune fois, pour y remarquer lasolidité sans pesanteur, la précision de l’appareilíans sécheresse, l’expressìon des profils , qui tous