izr N 3 . XCIII. /. LETTRE SUR LA THEORIE
sort à propos, & dans le temps que j’avois encore l’imagina-tion toute remplie de ces choses, le Mémoire que vous avezeu la bonté de m’envoier. L’envie que j’eus de voir la ma-niéré dont vous répondiez à Mr. Huguens, fit que je leparcourus le même jour, & que je le relus encore le lende-main , asin qu’aucune particularité ne m echapât.
J’ai d’abord remarqué, que vous considérez à présent lavitesse du vent comme comparable à celle du vaisseau ; au lieuque vous saviez supposée dans vôtre Théorie , comme insiniepar rapport à la vitesse du vaisseau ; asin de pouvoir s’imagi-ner que le vent agisse constamment avec la même force fur lavoile, soit que le vaisseau soit en repos, ou qu’il se meuve ; ceque Mr. Huguens a auísi supposé dans ses pièces, & moide même dans mon Discours. Èn esses, je crois que nousavions tous trois raison de considérer le vent comme infinimentrapide, puisqu’il Test actuellement à un tel point, que la dií-ference de la force contre la voile du vaisseau en repos, & dela force contre la même voile du même vaisseau en mouve-ment, doit être insensible, & peu digne d’y avoir égard,quandon veut construire des règles pour la solution des problèmes,qui ne sont dcja que trop dissciles, fans les embarasser d avan-tage par des minuties de peu d’importance, lesquelles cepen-dant rendroient le calcul extrêmement pénible.
Je conjecture que feu mon Frere, qui parla le premier dansles Actes de Leipfic de cette diminution de force fur la voiledu vaisseau qui fuit le vent, vous a donné occasion d’y foireaussi présentement attention, pour expliquer diverses choses quien dépendent, ce que vous exécutez admirablement bien ; rienn’étant plus beau, ni mieux raisonné, par exemple, quel ap-plication que vous foires des principes généraux, rapportés aucommencement de vôtre Mémoire , & reçus de tout le mon-de, au mouvement d’un vaisseau. Vos raiíònnemens font con-vaincans, solides , & suivis depuis l’Art. 7, jufqu’au 22 devôtre Mémoire. Mais étant fort attentif à découvrir, où pous-soir donc être la source du diffèrent qui yous sépare de Mr.
Huguens