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TRAITÉ DE L’ART DE BATIR.
Relativement aux briques crues, en usage chez les Grecs et les Romains,il ne nous reste plus, aujourd’hui, tant sur leur fabrication que surleurs mesures, d’autres renseignemens que ce que Vitruve en rapporteau Livre II, Chap. III de son ouvrage ; voici comment il s’exprime :
Des briques crues ; des terres propres à leur fabrication ; du temps où ilconvient de les faire, et de leurs formes 1 .
« Avant de parler des briques, je dirai quelle terre convient le mieux» à leur fabrication. D’abord la pâte, ou mortier, qui servira à les» former, ne doit contenir ni sable ni graviers, ni aucuns cailloutages ;w car lorsque ces matières entrent dans leur composition, elles les» rendent plus pesantes; et lorsque les murs où on les emploie viennent» à être battus par les pluies, elles se divisent et se décomposent :» d’ailleurs, la paille que l’on a coutume d’y insérer ne peut opérer de» liaison au milieu de matières solides et concrètes.
» On doit y employer de la terre crayeuse, blanche ou rouge, ou» du sablon mâle. Les terres de cette nature se solidifient fortement à» cause de leur onctuosité. Les briques qui en sont faites acquièrent,» en séchant, une grande diminution de poids, peuvent se transporter» et se monter avec la plus grande facilité.
» Le printemps et l’automne sont les temps les plus favorables pour» la fabrication des briques, parce qu’alors elles sèchent plus également.» Des briques préparées pendant les grandes chaleurs ne sauraient être» que défectueuses, en cela que, l’action du soleil venant à former dessus» une espèce de croûte, elles paraissent sèches au premier abord,» tandis que dans la suite, en finissant de sécher, elles se resserrent : alors» les parties qui les premières avaient été durcies se fendent de toutes» parts, et ces briques ainsi éclatées ne sont propres à aucun emploi.
1 De laterïbus , ex quâ terra, quo tempore, et quâ forma duci eos oporteat.
Itaque pi-imum delateribus, quâ de terra duci eos oporteat dicam. Non enim de arenoso,neque calculoso, neque sabuloso luto sunt ducendi, quod ex his generibus cùm sint ducti,primùm fîunt graves ; deinde cùm ab imbribus in parietibus asperguntur, dilabuntur etdissolvuntur ; paleæque , quæ in his ponuntur, non cohærescunt propter asperitatem.
Faciendi autem sunt ex terrâ albidâ cretosâ, sive de rubricâ, aut etiam masculo sabu-lone : hæc enim généra propter levitatem liabent firmitatem, et non sunt in opéré ponde-rosa , et faciliter aggeruntur.
Ducendi autem sunt per vernum tempus et autumnale , ut uno tenore siccescant. Quienim per solstitium parantur, ideô vitiosi sunt , quod summum corium sol acriter cùm