CONNAISSANCE DES MATÉRIAUX.
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et l’enduit qui se détache alors par grandes pièces. Il ne faut pas craindrede laisser le pisé quelque temps à l’air quand il a été bien fait, parceque plus il est sec, mieux l’enduit s’y attache. J’ai vu, dans le départe-ment de l’Isère , des maisons fort anciennes, construites en pisé, quin’avaient jamais été enduites à l’extérieur, et qui cependant avaientrésisté à toutes les intempéries de l’air 1 .
I On conseille à ceux qui voudront faire usage de cette manière économique de bâtir,de consulter les ouvrages de M. Cointereaux, professeur d’architecture rurale , qui s’estoccupé de ce genre de construction avec beaucoup de zèle et de succès. Il a publié plu-sieurs cahiers qui contiennent une infinité de détails intéressans qu’il est indispensable deconnaître, afin de réussir dans ce travail et en tirer le parti le plus avantageux pour con-struire des bâtimens ruraux qui soient à l’abri des incendies. Ayant eu , moi-même, oc-casion d’en faire exécuter, j’indiquerai ici un procédé qui m’a parfaitement réussi, etqui tend à donner au pisé plus de consistance.
Dans les additions que je fus chargé de faire au château dont j’ai parlé, page 103, se trou-vait un grand corps de logis semi-double, élevé de deux étages au-dessus du rez-de chaussée ,et un grenier au-dessus, avec comble à deux égouts couvert en tuiles creuses. La terre dontj’étais obligé de me servir me parut un peu sèche et de médiocre qualité. Pour obvierà cet inconvénient, après l’avoir fait écraser à l’ordinaire et passer à la claie , je la fishumecter avec du lait de chaux au lieu d’eau pure. Ce moyen simple produisit unpisé qui avait plus de fermeté et de consistance que celui fait avec la meilleure terre. Sessurfaces étaient tellement dures et lisses, qu’on put se passer d’enduits pour plusieursautres petits bâtimens et dépendances construits par ce procédé ; on se contenta deblanchir les surfaces avec de la chaux. Quant au grand corps de logis, les murs furentrevêtus d’enduits en mortier de chaux et sable, parce qu’il faisait suite aux appartemensdu château. A le voir , on n’aurait jamais pensé que ce pût être une construction en terre.
II est évident que, par ce procédé , on pourrait faire des briques crues , à l’imitation decelles des anciens, qui auraient plus de consistance et de solidité. On pourrait se servirde ces briques pour des murs intérieurs ou des cloisons. Il faudrait qu’elles fussent d’uneforme et d’une grandeur qui en rendissent l’emploi facile. Au lieu d’être cubiques, commeon présume qu’étaient celles des anciens Grecs , on les ferait méplates. Les briques entièresseraient carrées ; elles pourraient avoir de 28 à 30 centimètres (10 pouces { à 11 pouces) sur14 à 15 centimètres ( 5 pouces j à 5 pouces ~ ) d’épaisseur. Les demi-briques auraient 28 à30 centimètres de long sur 14 à 15 de largeur et autant d’épaisseur, afin de pouvoir secombiner avec les briques entières dans un même rang d’assise, et former liaison à l’intérieurcomme à l’extérieur, lorsque l’épaisseur des murs exigerait plus d’un rang de briques.
Les briques entières posées sur le plat et employées seules , formeraient de petits mursde 28 à 30 centimètres (10 pouces-j à 11 pouces). Les demi-briques ou briques entières,posées de champ , serviraient pour des cloisons. Les briques et les demi-briques reuniespourraient former des murs d’une brique et demie ou deux briques d’epaisseur, en lesdisposant comme nous l’avons dit pour les briques crues des anciens.
Ces briques pourraient être faites dans des châssis de charpente susceptibles de sedémonter, comme celui indiqué par la figure 2 de la Planche III, ou de tout autremanière qui en rendît la manipulation plus prompte et moins coûteuse. La figure 3 indiquecomment il faudrait ranger ces briques à claire-voie pour les faire sécher.