162
TRAITE DE L’ART DE BATIR.
» la rigidité quelles avaient perdue, procure à l’arbre une plus longue» durée. On observe, au contraire, que les arbres, auxquels on n’a» pas ouvert cet égout, deviennent languissans et dépérissent par l’effet» de l’humeur qui s’épaissit et se corrompt dans le bois; Si des arbres» sur pied, en pleine végétation, se conservent plus long-temps, une» fois privés de leur humidité superflue, on peut en inférer avec» quelque certitude, que lorsque ceux que l’on destine à mettre en» œuvre, auront été traités de la même manière, ils présenteront aussi» la garantie d’une plus longue durée dans la construction.
» Le Chêne, l’Orme, le Peuplier, le Cyprès, le Sapin, et plusieurs» autres arbres particulièrement propres à la construction ont chacun» des qualités distinctes, et présentent entre eux des différences es-» sentielles.
» En effet, le sapin n’est pas susceptible de la même résistance que le» Chêne; le Cyprès ne convient point aux mêmes ouvrages que le Peu-» plier, cependant il existe entre leur substance une conformité appa-» rente ; mais, en examinant attentivement les principes particuliers dont» ils se composent, il en résulte que les uns doivent être préférés aux» autres, suivant la nature des travaux à exécuter. Le Sapin, qui contient» plus d’air et de parties inflammables, que de parties humides et terres-» très, formé des substances les plus légères de la nature, ne saurait être» que très-léger. Ses fibres, naturellement plus tendues, lui procurent» une force qui le fait résister plus longuement sous la charge, et con-» server sa rectitude dans les ouvrages de charpente. Mais, par cela« même, qu’il renferme en lui plus de chaleur, il est aussi plus facile-
rantem et vitiosum per foramina liquorem, et ita siccescendo recipiunt in se diu,-turnitatem.
Qui autem non habent ex arboribus exitus, humores, intrà concrescentes putrescunt,et efficiunt inanes eas et vitiosas. Ergô, si stantes et vivæ siccescendo non senescunt,sine dubio cùm eædem ad materiem dejiciüntur, cum eâ ratione curatæ fuerint, baberepoterunt magnas in ædificiis ad vetustatem utilitates.
Eæ autem inter se discrepantes et dissimiles habent virtutes, uti Robur, Ulmus, Po-pulus, Cupressus, Abies et cæteræ quæ maxime in ædificiis sunt idoneæ.
Namque non potest id Robur, quod Abies, nec Cupressus, quod Ulmus, nec cæteræ,easdem habent inter se naturæ rerum similitates : sed singula généra principiorum pvo-prietatibus comparata alios alii generis præstant in operibus effectus. Et primùm Alliesaëris habens plurimum et ignis, minimumque humoris et terreni, levioribus rerum na-turæ potestatibus comparata, non est ponderosa. Itaque rigore naturali contenta, non