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TRAITÉ DE L’ART DE BATIR.
CHAPITRE DEUXIÈME.
EXPÉRIENCES FAITES POUR DETERMINER LES FORCES d’uNION , d’adHÉRENCE ET DE RÉSISTANCE,
DU MORTIER ET DU PLATRE.
J’ai f&it faire en 1783, avec de la chaux de Marly, différens essaispour parvenir à connaître les matières les plus propres à mêler avec lachaux pour faire un bon mortier, telles que les sables, le ciment, lespouzzolanes, les poussières de pierre , etc. Je profitai de la cir-constance où l’on avait fait venir une grande quantité de chauxvive en pierre, pour renouveler une des fosses de chaux en pâtequi servaient pour les constructions de la nouvelle église de Sainte-Geneviève. J’employai, pour éteindre les pierres à chaux dont je fischoix, le procédé que j’ai ci-devant indiqué, qui tient de celuide M. de la Faye : c’est-à-dire, que je fis mettre dans un panier à claire-voie ces pierres de chaux vive, pour les plonger dans un baquet pleind’eau, afin d’éprouver celles qui avaient le degré de cuisson conve-nable ; avant de les jeter dans le bassin où l’on finissait de les éteindre,en y ajoutant l’eau nécessaire pour former une pâte moyennement li-quide, on avait soin de la remuer pour faciliter sa dissolution. Lorsquecette chaux avait été broyée à plusieurs reprises avec les sables, cimensou pouzzolanes, etc., on en formait des espèces de briques de 15 cen-timètres de long, 10 centimètres de large, et 4 centimètres d’épaisseur.Ces briques, faites sur la fin d’avril et le commencement de mai 1786,paraissaient avoir acquis, au bout de trois mois, le degré de consistance,de dureté et de pesanteur spécifique dont elles étaient susceptibles. Ce-pendant elles n’ont été éprouvées avec la machine à écraser les pierresque dix-huit mois après avoir été faites, c’est-à-dire, dans le courantd’octobre 1787. Les expériences ont été faites sur des parallélipipèdes àbase carrée de 4 pouces de superficie. La table suivante indique l’espècede brique dont ces parallélipipèdes ont été tirés, leur pesanteur spé-cifique, les poids sous lesquels ils se sont écrasés, exprimés en livres.On observe que ceux exprimés en kilogrammes, qui répondent aux pa-rallélipipèdes de 25 centimètres de base, ont été déduits des précédenspar le calcul, afin de présenter une table qui réponde à celle que nousavons donnée pour les pierres à la fin de l’article précédent.