4 12 Delà Cristallographie.
toujours mixtes; elles s’opèrent en partie par l’action del’eau , en partie par celle du calorique. Tant qu’il y asuffisamment d’eau et de calorique pour écarter les mo-lécules du sel, au point qu’elles soient hors de leur sphèred’attraction, le sel demeure dans l’état fluide. L’eau etle calorique viennent-ils à manquer, et l’attraction desmolécules salines, les unes par rapport aux autres, de-vient-elle victorieuse, le sel reprend la forme concrète ,et la figure des cristaux est d’autant plus régulière, quel’évaporation a été plus lente, et faite dans un lieu plustranquille.
Tous les phénomènes qui ont lieu dans la solution dessels se retrouvent également dans leur cristallisation ,mais dans un sens inverse. Il y a dégagement de calo-rique , au moment où le sel se réunit et reparoîl sous saforme concrète et solide, et il en résulte une nouvellepreuve que les sels sont tenus à-la-fois en dissolution,par l’eau et par le calorique. C’est par cette raison qu’ilne suffit pas, pour faire cristalliser les sels qui se liqué-fient aisément par le calorique, de leur enlever l’eau quiles lenoit en dissolution, il faut encore leur enlever lecalorique, et le sel ne cristallise qu’aillant que ces deuxconditions sont remplies. Le muriale de potasse oxigéné,le nitrate de potasse, le sulfate acide d’alumine, le sul-fate de soude, etc., en fournissent des exemples. 11 n’enest pas de même des sels qui exigent peu de caloriquepour être tenus en dissolution, et qui par cela même sontà-peu-près également solubles dans l’eau chaude et dansl’eau froide; il suffit de leur enlever l’eau qui les tenoiten dissolution, pour les faire cristalliser, et ils repa-roissent sous forme concrète, dans l’eau bouillante même,