p’A rchitecture. 169à la gelée. En général on remarque qu’une terreest bonne à faire de la brique, lcrsqu’après unepetite pluie, on s’apperçoit qu’en marchant dessus,elle s’attache aux souliers , ou bien lorsqu’en lapaîtrissant avec les mains, on ne la peut diviserqu’avec peine. Cette terre étant reconnue conve-pable, il faut l’expofer par monceaux à la gelée à di-verses reprises dans des tems différents , la re-muer avec le rabot jusqu a ce qu'elle soit biencorroyée. On choisit les mois de Décembre, Jan-vier & de Février pour la préparation de cetteterre , asm qu’elle éprouve les rigueurs du froid,qui contribue à lui donner plus de qualité ; deforte qu’en la fabriquant ensuite suivant la gran-deur du moule qu’on aura préparé , elle ait letems de sécher pour être cuite au four, vers lesmois de Mai ou de Juin. II est bon d’observer deplus, que ces pierres artificielles ne doivent jamaisAvoir une grandeur ni une épaisseur trop considé-rable , parce que Faction du feu s’y communique-?roit inégalement , & que le cœur étant moinsatteint que la superficie, cela les feroit gerser encuisant. Communément on donne à la brique d’é-chantillon 8 pouces de longueur fur 4 pouces delargeur , & 2 pouces d’épaisseur, Suivant cesdimensions , chacune pese une livre & demi, & ilen faut à peu près 27 pour former un pied cube.Les Anciens , au rapport de Vitruve , prenoientle plus grand foin pour la perfection de la brique ,dont ils faifoient un très-fréquent usage , ainsiqu’on le remarque dans les vestiges de leurs mo-numents.
11 faut que la brique demeure sept à huit jours dansle four, non pas que le feu doive rester allumé tout cetems là, mais peur lui laisser le tems de fe refroidir,