d’Architecture. 9
ques des épaisseurs qu’il convenoit d’oppofer danstous les cas à ces différens efforts pour faire équi-libre avec la poussée , en faisant toutefois abstra-ction du frottement des joints des voussoirs ( i ),a fin de fe mettre au-dessus de tous les cas défavo-rables lors du déceintrement, où toutes les partiesd’une voûte font en mouvement, comme nousl’expliquerons par la fuite. Ainsi , en ajoutant sui-vant 1’ufage à cette épaisseur trouvée environ unsixième en sus, asin de rendre la puissance rési-stante supérieure en force à la puissance agissante,
(i ) La raison pour laquelle on ne doit pas avoir égard aufrottement est aisée à concevoir: nous Lavons déjà dit ailleurs ,&c'est idi le cas de le répéter. Comme il y a toujours un tado-rne n t dans une voûte , lorsqu’on la déceintre , il y a de toutenécessité un mouvement. A l'instant où se fait ce tassement, quiest toujours le moment critique pour les piédroits, les joints dela voûte s’entr'ouvrent, Sc les voussoirs ne posant plus que furune arrête , le frottement en cette circonstance ne sautoir évi-dement être compté , comme opérant de la réiistancc. Dailleurspour peu que le piédroit vint à céder à l’éftort de la voûte , laforce agissante acquerroit alors un mouvement d’accélération ,qui, en éloignant du centre de la voûte, le centre de gravité dupiédroit , racourciroit conséquemment le bras de levier de laforce résistance , & agiroic d’autant plus efficacement pour lavaincre. Ainli la puissance agissante ne. doit pas feulement êtremultipliée par son bras de levier,mais encore par la vîtestequ'clleacquiert lors du tassement ; Sc cette vîtede ne pouvant être ap-préciée que difficilement, il convient donc dans la pratique , pontfejuettre au-dessus de tous les cas défavorables, d’ajoûter aurpiédroits ainsi qu’on l’observe.
Une autre railon pour laquelle le frottement ne doit pas en-core être considéré dans la construction d’une voûte , c’est quequand le tassement fe fait, de deux choses l’unc , ou bien lemortier a déjà acquis de la consistance, ou bien il 11'en a pas en-core acquis. Dans le dernier cas, c’est un corps humide & glis-lanc, qui, en empêchant l’engrainement de la pierre,diminue lefrottement ; & dans 1 c premier, le mortier écrasé par le tadementdoit être considéré comme un amas de petites boules qui nemettent pas moins d’obstacles à l’engrainement , Sc qui font àpeu-près l’esset d’un rouleau que l’on place fous une pierre pouren faciliter la glissade.