D’ARCHÌTECTURE. rrssert pour tirer du sein de la terre , & transporterdans les airs ces blocs énormes de pierre, quiservent d’amortissements & d’embellissement à nosMonuments ? N’eít-ce pas par la force des cabe-stans que nous parvenons à conduire jusques dansles chantiers ces masses prodigieuses demarbre, aux-quelles nos Sculpteurs semblent donner le mou-vement & la vie ? Lest en st n à laide de la char-penterie que les planchers nous tiennent lieu cL»voûte , que nos demeures deviennent plus fa lu-stres , que des escaliers de la plus grande légérétédégagent les appartements, que l'on parvient àfaire des cloisons & des corridors , qui multi-plient les logements ou les rendent plus commo-des , & qu’en un mot nos couvertures nous pré-servent des ardeurs du soleil , du vent, de lapluie & des neiges , fans parler ici de i’accélé-ration & de l’économie qu’eile procure dans labâtisse en général.
Mais si laCharpenterie présente , en esset, unemultitude d’avantages, on ne sauroit le dissimulerqu’elle a le très-grand inconvénient d’être sujetteaux incendies , & d’empêcher la durée de laplupart des Edifices cù on saisie avec la pierre ;& même son peut sc rappelles que nous avonsdéjà remarqué, qu’aucun des ouvrages de f Anti-quité, où son avoir employé de la charpente, nesont parvenus jusqu’ànous. Le Temple de Diane àEpheíe , celui de Períépolis , & le Temple de Jéru-salem , bâti par Salomon , dont la charpente étoitcomposée de cèdres du Liban , ont été la proye desflammes. Combien de villes entieres n’onc elles pasaussi été ruinées par le feu ? Et pour ne parlerici que de celles renfermées dans le sein de laFrance, Rennes en Bretagne, Sainte-Menehould enTome VI. 1 J