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Tome premier.
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ses sujets de manger du poisson. Cette loi étoit conçueen ces termes : « Personne ne mangera du poisson enj> Syrie , excepté Gatis , urt^ saTiJV. » C’est de-làque la reine fut nommée Aurgaùs. Cette anecdotepeche par le fondement ; car la langue grecque n’é-toit point en usage en Syrie. Pour ce qui est du goûtde la reine pour le poisson, il en est parlé dans plu-sieurs autres auteurs. Si l’on en croit Mnaséas, onoffroit dans son temple des poissons d’or & d’argent,& même des poissons naturels, qui passoient rapide-ment de l’autel de la déesse fur la table de ses prêtres.Quelques écrivains rapportent que cette reine , aprèsavoir mangé tant de poissons, en fut mangée elle-mêmeà son tour. Mopsos, roi de Lydie, l’ayant vaincue &ífait prisonnière, la livra à la vengeance des poissonsdu lac d’Ascalon, qui la dévorèrent; c’est ce qu’assureXanthus , Lydien. Mais d’autres auteurs soutiennentquelle se précipita elle-même dans ce lac , pour sepunir de la foiblesse qu’elle avoir eue pour un jeunehomnte, foiblesse à laquelle Sémiramis dut fa naissance.Quoi qu’il en soit de tous ces contes, qui renfermentfans doute quelque allégorie, les Syriens , en l’honneurde cette déesse, s’interdisoient l’usage du poisson , 8cla représentoient moitié femme, moitié poisson. Lespeuples de la Mésopotamie couronnoient ses statuesde rayons qui s’élevoient en haut, & lui mettoient despoissons sous les pieds ; emblèmes qui ont fait croirea quelques sçavants que la déesse Adargatis étoit Li-mage de la nature & de ses productions. Plusieurscroient que le nom d’Adargatis dérive du mot syriaqueaddir , qui signifie grand, pttijffant , & de dag , poisson.La même déesse, étant reine de Syrie , fut connue sousle nom de Dercèto. II se trouve des auteurs qui pensentqu’Adargatis n'étoit autre que la lune , que les Syriensadoroient comme la femme du dieu Adad, ou duSoleil. Enfin Selden s’est imaginé qu’Adergatis étoitle dieu Dagon dont il est parlé dans l’Ecriture.

Selon M. Pluche , cette divinité n’étoit, dans sonorigine , qu’une figure symbolique , à laquelle on don-noit une queue de poisson, pour exprimer le signe du