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Tome premier.
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singulier, dans lequel Mélanthus remporta la victoirt,par le moyen d’une fraude que l’Histoire ne nous q>-prend pas. On fçait seulement que les Athéniens,enmémoire de cette fraude, célébroient en l’honneutdeBacchus des fêtes qu’ils nommoient Apaturies.

APELLE, disciple de l’hérésiarque Marcion, s’éarrade son maître en plusieurs points, & devint chef cunesecte qui de son nom fut nommée Apdlitc. Il n’adnet-toit qu’un principe tout-puissant & essentieliemenoon;mais, pour concilier avec ce principe l’origine dumal,il fuppofoit que Dieu avoit créé des anges, & qts l’unde ces anges, qu’il nommoit l 'ange de feu, avoit ormele monde que nous habitons , fur le modele d’unautremonde supérieur & plus parfait. II ne nioit p;s l’in-carnation de Jesus-Christ; mais il disoit qu’il s’étoitformé son corps des parties de tous les cieux par les-quels il étoit passé en descendant sur la terre , &qu’enremontant il avoit rendu à chaque ciel ce qu’il en avoitpris. Les opinions d’Apelle fur les âmes étoient tott-à-fait singulières. II prétendent qu’elles avoient été ctééesau-dessus des cieux ; que leurs substances n’étoient pasentièrement spirituelles, mais étoient unies à de puitscorps très-fubtils, qui avoient cependant des sexesdifférents. Elles jouiíîoient dans le ciel d’un bonheurparfait, lorsque í’Etre suprême fit éclore sur la terredes fleurs & des plantes dont la douce odeur s’élevajufqu’au ciel, & flatta tellement les anges, qu’ils des-cendirent sur la terre, pour s’enivrer à loisir de cetagréable parfum. Mais Dieu, pour punir leur sensua-lité, les enveloppa dans la matière, & ne leur permitplus de s’élever vers le ciel. Les âmes, retenues danscette efpece de prison, se formerent des corps terres-tres fur le modele du corps aérien qu’elles avoient dansle ciel, & avec le même f.xe. II n'est pas surprenantqu’Apelle, après avoir débité de pareils contes, sesoit laissé surprendre aux artifices d’une femme fana-tique , qui, malgré le dérèglement de ses mœurs , pré-tendent qu’elle étoit honorée par de fréquentes visitesde Jefus-Chrift & de S. Paul. Apelle, qui regardoitles prophéties de i’Ecriture comme autant de menfon-