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Tome premier.
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qu’a'ors le monde retournera dans son premier chaos»Cette derniere destruction íe fera par le feu. Quandelle arrivera, Rhuddery portera les âmes de tous leshommes au ciel; mais les corps périront, parce que leciel est un lieu trop pur pour pouvoir contenir des sub-stances fi grossières & fi matérielles. Telles font les idéesdes Banians fur la destinée du monde.

La métempsycose est un des points fondamentauxde leur religion; de-là vient cette affection extraordi-naire qu’ils ont pour toute forte d’animaux, & qu’ilspouffent si loin , qu’ils ne peuvent en voir tuer un seul.Quoiqu’ils soient fort avares, ils ne manquent jamaisde racheter la vie d’une bête qu’on se dispose à fairemourir. Les Faquirs se servent íouvent de ce moyenpour leur tirer de l’argent. Ils menacent de tuer en leurprésence un oiseau ou quelqu’autre animal, & se fontpayer bien cher pour lui laisser la vie. Les Européenseux-mêmes ont employé la même ruse. Les jeunesfacteurs Anglois vont quelquefois. armés d’un fusil ,dans quelque champ auprès duquel ils fçavent que desBanians demeurent; &, pour le divertir, ils feignentde vouloir tirer fur des oiseaux. Les Banians alarmésne manquent pas d’accourir ; ils traitent avec les chas-seurs, &, moyennant une certaine somme, les enga-gent à se retirer. Qu’un homme ait un bœuf ou unevache que la maladie ou la vieillesse rende incapablede tout service, & qu’il ait dessein de tuer, un Baniann’en sera pas plutôt informé, qu’il viendra l’acheter àson maître pour le mettre dans un hôpital fondé exprès.Voyei Hôpitaux.

Les Banians donnent une fois tous les ans un festinsolemnel à toutes les mouches qui font dans leursmaisons. Les mets consistent dans un grand plat delait bien sucré , qu’il mettent sur le plancher ou sur unetable. Quelquefois ils vont se promener dans la cam-pagne , portant fous le bras un lac plein de riz ; & ,lorlqu’ils rencontrent une fourmilliere, ils s’arrêtentpour y jettes quelques poignées de riz Leur tendressepour les bêtes ne se borne pas à pourvoir à leur sub-sistance ; ils se plaisent à les parer de plusieurs orne-