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Tome premier.
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dê la communion , trempé dans le vin consacré ; ouseulement le prêtre met dans la bouche de sentant lebout de son doigt qu’il a trempé dans le vin ; coutumefort incommode pour la mere de sentant, ou pourcelle qui la repreíente. Comme on ne garde jamais depain consacré pour le lendemain, si sentant est baptisésaprès-midi, il faut qu’elle demeure avec lui dans l’é—gille jusqu au lendemain matin, pour attendre que fortfasse une nouvelle consécration ; car sopinion des Abys-sins est que fonction sainte & la communion sont d’unenécessité absolue pour la validité du baptême. 11s joi-gnent encore à ['administration du baptême plusieurspratiques suggérées par la superstition, telles que lesexorcismes , la bénédiction de seau dans laquelle ilsjettent du sel, les cierges qu’ils allument, & autrescérémonies fur lesquelles on ne peut presque rien direde certain, parce que les auteurs qui en ont parlé secontredisent eux-mêmes.

Les Jésuites missionnaires ayant sçu gagner les bon-nes grâces de l’empereur Segued , lui persuadèrent quele baptême administré par les prêtres Abyssins étoitdéfectueux dans la forme, & en obtinrent un ordre dele réitérer. Ils conférèrent en effet un nouveau baptêmeà un grand nombre d’Abyssins, mais toujours fous con-dition. 11s fe fervoient de cette formule : « Si tu n’es„ pas baptisé, je te baptise, &c. « La nation paruttrès-mécontente de cette nouveauté, qu’elle regardacomme un affront fait à son clergé ; &í cette indignationgénérale contribua beaucoup à faire chasser les Jésuitesd’Abyffinie.

La cérémonie qui est en usage chez ces mêmes peu-ples , le jour de l’Epiphanie, prouve combien leursidées font peu certaines fur ce qui concerne le bap-tême. Ils vont tous, ce jour-là, se plonger dans unétang, & prétendent recevoir, par ce moyen, un nou-veau baptême qui les purifie des souillures contractéesdepuis le premier , & qui réconcilie les apostats avecl’Eglise. Le P. Alvarez nous a laissé une descrip-tion de cette cérémonie. On ne changera rien à sesexpressions, dont la naïveté pourra plaire. « Le 4 de