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lebrent les exploits de leurs dieux, & détaillent leurgénéalogie. Les peres apprennent à leurs enfants cescantiques , qui forment une efpece de tradition.
3. L’usage de chanter des cantiques est très-com-mun &L très-répandu parmi les Indiens. Dès le matin ,on entend les dévots entonner des hymnes saints enl’honneurde leurs dieux : c est par-là qu’ils commencentà fe les rendre favorables pour le reste de la journée.C’est par les mêmes chants qu ils se préparent à quel-que entreprise considérable. Les artisans, qu’un mêmetravail rassemble dans une boutique , charment leurennui par ces pieux cantiques qu’ils chantent alter-nativement : quelquefois un seul chante, & les autreslui répondent en chœur. Lrs matelots, courbés furla rame, font retentir les airs de pareils cantiques ; cequi vaut fans doute beaucoup mieux que les chansonsoblcenes & grossières qui servent, chez nous , d'amu-selaient aux gens de cette classe. La coutume de chan-ter des cantiques est aussi en vigueur à la Chine ; &ces cantiques renferment communément les principauxpoints de leur morale, & les histoires de leurs di-vinités.
CANTIQUE des Cantiques : c’est le titre quel’on donne au cantique de Salomon , qui se trouveentre les livres canoniques de l’ancien Testament. Letitre hébreu de ce cantique signifie à la lettre un cantiqueexcellent ; & il n’en impose pas. Ce cantique, à ne leconsidérer même que comme un ouvrage profane,est une piéce digne des meilleurs poètes. C’est uneefpece d’ídylle , dont les principaux interlocuteurs fontun époux & une épouse qui parlent le langage le pluspassionné. Cet ouvrage est plein de comparaisons agréa-bles , tirées des objets champêtres, d’images char-mantes & voluptueuses : on y trouve même des situa-tions & des scènes ; ce qui a fait croire à quelquesauteurs que ce cantique pouvoir être un drame. Envoici un exemple. Au milieu de la nuit, la bien-aimée ,couchée fur son lit , attend vainement le sommeil. Soncœur , occupé de mille tendres soins , ne lai permetpas de goûter le repos, Danses moment, son bien-