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Tome premier.
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supplices & par la mort de ses sectateurs ; par deshommes simples & fans lettres , malgré les efforts desempereurs Romains, & l’austérité rebutante de sesdogmes. Elle s’est établie au milieu de l’empire Ro-main , dit M, l’abbé Fleury , & au milieu de Romemême , lorsqu’elle étoit la plus florissante , dans le siéclele plus éclairé qui fût jamais, & en même temps leplus corrompu. La divinité de l’Evangile ne pouvoitmieux éclater qu’en triomphant des deux dispositionshumaines qui lui étoient plus opposées. La science& l’élévation d’esprit résistoient à la simplicité de ladoctrine chrétienne & à l’humilité de la foi: la dépra-vation du cœur & la corruption des moeurs répugnoientà la pureté 8i à la sévérité de sa morale.... Jesus-Chriíl, dit Tertullien , n’a pas fait comme Numa , quiapprivoisait des hommes durs & farouches , les em-barrassant par la multitude des divinités qu’il leurpro-posoit à se rendre propices ; mais , trouvant des hom-mes déja instruits & séduits par leur propre politesse,il leur a ouvert les yeux pour connoître la vérité.

Enfin quelle est cette Religion ? Que nous enseigne-t-elle? Des vertus dont la pratique exacte & univer-selle rendroit la terre la rivale des cieux, & feroit pres-que autant de dieux de ces hommes si vils & si mé-prisables , Jorsqu’ils ne suivent que le penchant de leurnature corrompue. Les autres re'igions qui lubsistentdans le monde , se ressentent de leur origine. La gros-sièreté de leurs dogmes & de leur morale annonceassez qu’elles font l’ouvrage de l’ignorance & des pas-sions. II n’y a que la Religion Chrétienne qui élevsl’homme au-deslus de lui-même , & qui le fasse Rap-procher, autant qu’il est possible, de sauteur de son être.Elle seule fait le bonheur & la gloire déshumanisé.

La Religion Chrétienne a quatre caractères princi-paux qui la distinguent de toutes les autres Religionsdu monde, qui font I’Unité, la Sainteté, la Ca-tholicité & I’ApOSTOLICITÉ. Voyei ces quatre ar-ticles. 11 paroît très-vaisemblable que le Christianismea régné à la Chine depuis 636 jusqu’en 782. On en amême une preuve presque évidente dans un monument