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gné de deux chanoines, offre à fa sainteté une bouffade damas blanc où il y a vingt-cinq juies * de monnoieancienne ; c’est la récompense que le chapitre de saintPierre lui donne Pro benè caruatâ mijsâ , c’est-à-direu pour avoir bien chanté la messe. » Le pape remet cetargent aux cardinaux-diacres qui ont chanté les deuxévangiles ; & les cardinaux le donnent à ceux qui leurportent la queue. Le pape est ensuite porté dans fachaise à la grande loge de S. Pierre , qu’on appelle laloge de la bénèdittion. Deux palefreniers du pape , ha-billés de rouge , portent aux deux côtés de la chaiseun éventail de queue de paon. Le pape monte sur untrône dressé au milieu de la loge. C’est-là qu’on lui metsur la tête la tiare pontificale, ou le triregne,en lui disant:a Recevez cette tiare ornée de trois couronnes, & fça-» chez que vous êtes le pere des princes & des rois ,„ le gouverneur de l’univers, le vicaire en terre dej» notre Sauveur lefus-Christ. » Le pape, couvert dela tiare , donne trois fois la bénédiéìion l'olemnelle aupeuple ; & deux cardinaux publient une indulgencepléniere. Ainsi se termine cette pompeuse cérémonie,pendant laquelle toutes les troupes du pape font fousles armes, & toute l’artillerie du château Saint-Angese fait entendre. Les illuminations , les feux d’artifices ,les bals, & les autres divertissements auxquels cettefête donne lieu , ne font pas de notre sujet. Autrefoisle pape donnoit, le jour de son couronnement, unfestin magnifique , où la majesté pontificale brilloit danstout son éclat. Le saint pere avoit une table particu-lière , dressée sur une estrade élévée. II étoit assis fur untrône magnifique , & un superbe dais brilloit au dessusde fa tête. Si l’empereur étoit alors à Rome, il avoitfa table fur la même estrade , à la droite du pape ; maisle siège qu’il occupoit étoit beaucoup moins magni-fique. Ce prince présentoir le bassin au pape iorsqu’il selavoir les mains, ôtilíervoit le premier plat fur la table
* Lejule est une petite monnoie d’argent qui vaut cinq fousta Italie,
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