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formoient une armée de près de cent mille hommes!La ville de Damiette fut assiégée & prise par les croi-sés ; mais l’ambition du légat rendit cet heureux succèsinutile. Ce prélat, ayant forcé Jean deBrienne à lui cé-der le commandement de l’armée , l’engagea , parson peu d’expérience , dans une fi fâcheuse situation,qu’on fut obligé, pour éviter un plus grand mal, detraiter avec le Soudan d’Egypte ; de lui rendre Da-miette , & de lui donner Jean de Brienne pour otage.L’empereur Frédéric II essaya , par la politique, deréparer le mal. 11 conclut avec le Soudan un traitépar lequel on lui cédoit Jérusalem , Nazareth , & quel-ques autres villages : c’étoit recouvrer les saints lieuxfans aucune effusion de sang ; mais une clause fâcheuserendit ce traité odieux. II étoit dit que le temple deJérusalem serviroit de mosquée aux Sarasins. Cettesixième croisade fut honorée de la présence de saintFrançois d’Assise , qui s’y rendit, en 1219, dans ledessein d’animer les Chrétiens , &i d’y trouver la palmedu martyre.
En 1244 , de nouveaux ennemis attaquèrent lesChrétiens de la Palestine, & donnerent lieu à la sep-tième croisade : c’étoient les Karismiens, qui , chassésde la Perse par les Tartares, se jetterent sur laTerre-sainte ,& taillèrent en pièces ses malheureux habitants.S. Louis , touché de ces nouvelles, averti d’ailleurs deprendre la croix par une voix céleste qu’il crut enten-dre dans une dangereuse maladie dont il fut attaqué »partit, en 1248 , à la tête d’une florissante armée,malgré les représentations de ses plus sages conseillers ,& vint mouiller dans l’iste de Chypre. L’année sui-vante , il s’empara de Damiette. On sçait quelle futla malheureuse fin de cette expédition. La peste désolaFarinée de Louis : ce fléau le contraignit de faire re-traite. Poursuivi par les Sarasins, il fut vaincu & faitprisonnier en 1250, & fut obligé de payer quatrecents mille livres pour fa rançon.
Cette disgrâce ne fut pas capable de rebuter le zelede Louis. II entreprit, en 1270 , une nouvelle croi-sade qui fut encore plus funeste que l’autre. Le mêtna