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Tome premier.
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pîoi est de monter la garde tour-à-tour, chaque nuit,auprès de son lit. Si par hasard le Daíri se trouve in-commodé'pendant la nuit, on s’en prend à la senti-nelle; on régale de coups de bâtons l’idole qui étoitde garde, & on la condamne à un exil de cent jours.Enfin les Japonois ont une íì haute idée de la sain-teté de leur pontife, que tout ce qui le touche estregardé comme sacré ; & l’eau qui a servi à lui la-ver les pieds , est recueillie avec foin comme unechose sainte.

L’entpereur du Japon se rend tous les cinq ans àMéaco, lieu de la résidence du Dairi, pour rendravisite au pontife : cependant c’est plutôt une entrevuequ’une visite. L’empereur ne va pas au palais duDairi ; mais ces deux princes se rendent dans un au-tre palais de Méaco, destiné à cet usage; & là, ilss’entretiennent pendant quelque temps. C’est dans cetentretien que l’empereur reconnoît qu’il tient la cou-ronne impériale de la famille du Dairi. II boit du vindans une tafle, &. la laisse ensuite tomber à terre, oùelle se brise.

M. Conrad Krammer, ambassadeur de la compa-gnie Holíandoise au Japon , nous a laissé une des-cription curieuse de la marche de l’empereur & duDairi, lorsqu’ils se rendirent au lieu de l’entrevue, le15 d’Octobre 1626. Nous la rapporterons telle qu’elleíe trouve dans le Tome XX de l’Hiítoire universelle.

« Pour rendre la procession plus magnifique, les» deux monarques convinrent de joindre leurs super-5» bes & nombreux cortèges , & de se rendre l’un» & l’autre, en traversant les rues de Méaco, au pa-ri lais où se devoir faire cette solemnelle entrevue.» Les rues, au lieu d’être couvertes d’étoffes de foie,» i’étoient de fable blanc & de poudre de talc , quin sembloient faire un pavé d’argent. On avoir dressén des balustrades tout le long des maisons ; & ellesn étoient bordées de deux haies de soldats habillésr> de robes blanches , & la tête couverte d’un petit»> bonnet vernissé. Ils avoient chacun deux sabres an}> côté, 5 c à la main qne çípece de demi-pique, La