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Tome troisieme.
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supposent que les bêtes, non-seulement ont une atne,'mais encore une efpece de raison, quoique moins par-faite que celle des hommes.

Si ce font les prêtres de Camfcoye qui ont inventéla doctrine du paradis, on peut dire qu’tls se sont bienmal servis eux-mêmes; car les lieux de délices dontnous venons de parler, ne sont point faits pour eux.I s veulent dans l’autre monde , comme dans celui-ci,être distingués du peuple; & , pour cette raison, ilsont marqué leur place dans d’autres cieux où tout leurbonheur consistera à être assis St à jouir du soufflerafraîchissant des zéphyrs ; ce qui doit être fort agréa-ble pour des Orientaux, naturellement paresseux &toujours tourmentés par une excessive chaleur. Mais ,dans le paradis des séculiers, ce plaisir-là est uni avecplusieurs autres plus flatteurs encore & plus piquants.Ceux qui seront parvenus, dans cette vie , à un de-gré extraordinaire de sainteté, seront transportés , aprèsleur mort, dans le plus élevé des vingt-sept cieux,où demeureront des dieux dont les corps sont rondscomme des boules ; St, pour prix de leur sainteté,leurs corps deviendront semblables à ceux de ces dieux.On ne dit point quelle fera d'ailleurs la félicité dontils jouiront. Mais si, pour toute récompense de leursaustérités & de leur vie pénitente, ils n’ont que le pri-vilège d’avoir le corps rond, une pareille doctrine n'estpas fort propre à encourager ceux des habitants deCamboye qui aspirent à la sainteté.

Paradis terrejlrc : lieu délicieux, dans lequel Dieuplaça le premier homme St la premiere femme, Scdont il les chassa , en punition de leur désobéissance.Les sçavants ne sont pas d’accord fur l’endroit dela terre où ce paradis étoit situé. ( Voye^ Eden. ) Lesrecherches que l’on a faites fur cette matière ont don-né lieu à plusieurs systèmes bizarres & extravagants,ïl s’est trouvé des gens qui ont avancé que le para-dis terrestre étoit situé fur le sommet d une monta-gne qui s’élevoit jusques dans la haute région de l’air,& qui touchoit presque au ciel de la lune : d’autresl’ont placé fur la superficie même de la lune. Quelques-