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pendants d’oreilles elle avoit deux éléphants : du moinsc’est ainsi que les Indiens la représentent. Son premierexploit fut de combattre un fameux géant, nomméDa'ida , qui avoir osé defier son pere. Ce géant avoirreçu de Brama un livre & des bracelets magiques , parle moyen de’quels il paroiffoit avoir, dans le combat,un grand nombre de têtes : ce qui étoit bien plus avan-tageux , il ne pouvoir être blessé dans aucune partie deson corps. Patragali , après avoir combattu contre cemonstre pendant l’espace de seot jours , fans aucunsuccès , eut recours à l’artifice. Eile envoya une femmefort adroite demander à la femme du géant le livre &les bracelets de son mari, comme si c’eût été de lapart du géant lui-même. La femme du géant, croyantque c’étoit une personne envoyée par son mari, lui re-mit le livre & les bracelets. Par-là le géant fut privé detoute fa force , & tomba fous les coups de Patragali.
Cette fille s’en revint triomphante cher son pere,qui lui donna , pour la régaler, de la viande mêléeavec du sang. Patragali ne paroistant pas encore con-tente , Ixora fe coupa un doigt, le mit dans le platde fa fille , & y fit couler une grande quantité de sonsang. Tout cela ne satisfit point Patragali, qui marquason mécontentement à son pere , en lui jettant auvisage une chaîne d’or. Ixora s’avisa enfin , pour satis-faire fa fille , de créer deux jeunes gens qu’il lui donnapour la servir ; & ce présent la contenta. II lui con-seilla ensuite de voyager , & lui fit présent d’un vais-seau de bois de fandal, pour la porter- fur toutes lesmers. Patragali partit, & Ixora s’applaudit d'en êtredélivré. Cependant il arriva , peu de temps après,qu’un matin qu il dormoit tranquillement , Patragalientra brusquement dans fa chambre , renversa son lit,& repartit aussi-tôt. Dans son voyage, elle livra quel-ques combats contre des pirates qui l’attaquerenr, &les mit en fuite. Elle s’arrêta long-temps fur la côtede Malabar , & se maria avec le fils d’un des princesdu pays. 11 est remarquable qu’elie ne voulut jamaispermettre que son époux usât avec elle des droits deí’hymen, ne jugeant pas qu’un mortel fût digne de ses