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C’est dans ce lieu que les pèlerins se rasent la tête& le visage, & prennent le bain. Après avoir fait leursprières, ils s’en retournent à la Mecque: ils visitant lamaison d’Abraham , qu’on appelle la Iíaaba , & les au-tres lieux consacrés par la dévotion des Mahométans.On place dans la grande Mosquée le pavillon nouvel-lement apporté du Caire, & l’on en retire le vieux qu’onremet entre les mains de l’Emir-Hadge. Ce seigneuravoit coutume autrefois de le porter à Constantinople,& de le présenter au Grand-Seigneur qui le faisoit cou-per en plusieurs morceaux qu’íl distribuoit aux princesMahométans 6c aux grands de fa cour; mais, depuisiong-temps, les Emirs se sont emparés de cette dé-pouille précieuse , dont ils vendent les morceaux auxpèlerins à un prix excestìf.
La ville de la Mecque n’étant pas assez grande pourcontenir une multitude si prodigieuse d’étrangers avecleurs équipages , les caravanes font obligées de camperaux environs de la ville, & séjournent sous des tentespendant l’espace de neuf à dix jours. II se tient unefoire des plus considérables du monde ; & le commercequi s’y fait est prodigieux. On admire fur-tout le silence& la tranquillité qui règnent dans ce concours éton-nant de marchands & de pèlerins.
Lorsque l’Emir-Hadge juge qu’il est temps de par-tir , il tait donner un signal pour avertir les pèlerinsde fe préparer au départ. S’il fe trouve quelques richesmarchands qui n’aient pas encore eu le temps de termi-ner leurs affaires , l’Emir leur vend bien cher quelquesjours de délai qti’i! leur accorde. La caravane , en s’enretournant, passe par Médine : c’est-là que les pèlerinsrendent leurs hommages ati tombeau de Mahomet, a ti-que! ils font de riches présents.
Lorfqu’après tant de peines & de dangers encourusdans un voyage de cent jours, la caravane approcheenfin du Caire , les parents & les amis des pèlerinsviennent à leur rencontre dans le même endroit où ilsont reçu leurs adieux , & célèbrent leur retour par lesmêmes réjouissances que leur départ. A peine peuvent-jis les reconnoure, tant ils font défigurés par la fatir