Band 
Tome troisieme.
Seite
222
JPEG-Download
 

an. -^[P I E]^

ner s ce malheureux une éducation convenable : tousles magistrats voisins subissent aussi la même punition.Les parents du coupable sont sévèrement châtiés, pourn’avoir pas corrigé de bonne heure cet enfant déna-turé , & savoir laissé, par leur indulgence , parvenirjusqu’au plus haut degré de la perversité. C’est devantl’empereur lui-même que le criminel est cité : il est or-dinairement condamné à être déchiré en mille mor-ceaux , & jetté au feu ; on renverse de fond en com-ble la maison qui lui a servi d’asyle, & même celle deses voisins ; on éleve plusieurs monuments destinés àperpétuer le souvenir de cet attentat & l’horreur qu’ildoit inspirer.

Les empereurs Chinois nc sont pas dispensés des de-voirs de la piété filiale ; ils sont même forcés de res-pecter jusqu aux soiblesses de leurs parents ; l’exemplesuivant en fournit une preuve éclatante. La rnere d’unempereur Chinois , qui déshonoroit publiquement sonrang & fa naissance par un commerce scandaleux avecun seigneur de la cour , fut condamnée à l’exil par leprince Ion fils. Quelque juste que fût cette punition ,-elle parut révoltante aux ministres Chinois. 11s com-mencèrent d’accabler l’empereur de requêtes & de re-montrances , pour l’exciter à rappeller fa mere. Leprince , obséds de leurs supplications, fit mourir quel-ques-uns de ces ministres zélés ; mais la crainte dusupplice n'effraya point ceux qui restoient ; ils s’obsti-nerent tour-à-tour à importuner l’empereur, & payè-rent de leurs têtc-s la hardiesse de leurs représentations.Enfin l’un d’cux fit porter son cercueil au palais , 8cdit au monarque, d un ton ferme : » Fais-moi mourir,m & délivre-moi de la vue d’un prince qui n’est plus à» mes yeux qu’un objet d’horreur , puisque tu refusessi d’écouter la vcix de la nature qui te parle par maw bouche. Je vais trouver tes ancêtres & ceux de l'im-» pératrice ta mere ; je leur apprendrai ton crime ; & ,» dans "ombre de la nuit, leurs ombres & la mienne» viendront encore te reprocher ta cruauté. » La mortfut le prix d’un discours si hardi ; mais tant de sang ré-pandu ne procuroit point à l’empereur le repos qu’il