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& le riche ne pourra prétexter, pour en boire t!e meil-leur , ni des foiblesses d’estomac, ni des douleurs detête. Tous auront une égale portion de viandes ;íkceux qui serviront, ne feront, à cet égard , aucune dis-tinélion ; ils ne donneront point à l’un un grand mor-ceau , à l’autre un petit, à celui-ci une cuisse de sanglier,à celui-là une mâchoire. Lêchanson aura Toeil attentifau moindre signe des convives ; & son propre maîtresera celui auquel il prêtera le moins d’attention. Toutesles coupes feront de la même grandeur. Les convivespourront s’inviter mutuellement à boire , & se porterla santé les uns des autres; mais on ne forcera personnede boire plus qu’il ne voudra. 11 ne sera pas permisd’introduire dans la salle du festin un danseur ou unjoueur de flûte encore apprentis & peu versé dans sonart. Les bons mots, les railleries seront de mile , pourvuqu’elles soient innocentes & n’outragent personne. Onjouera aux dés ; mais on n’y pourra jouer que des noix.Celui qui jouera de l’argent, fera condamné à jeûnerjusqu’au lendemain. Chacun des convives pourra s’enaller ou rester, selon son bon plaisir. Lorsqu’un richetraitera ses esclaves , lui-même , accompagné de sesamis , les servira à table. Que chacun des riches graveces loixíur une colomne d’airain , qu’il placera au mi-lieu de la cour de fa maison ; qu’il les liíè souvent,pour s’en rappelles le souvenir; qu’il sçache que, tantque cette colomne subsistera, sa maison sera exemptede la peste , de la famine , du feu & de tous les autresfléaux. Mais , s’il ne conserve pas ce monument de laliberté des Saturnales, je frémis à la feule pensée desmaux dont il fera la victime. «
Nous joindrons, à ces deux ouvrages , quelques épî-tres qui roulent fur la même matière , & qui font plei-nes d’une morale aussi agréable qu’utile.
Lettre d’un pauvre à Saturne ,
J’ai déja eu l’honneur de vous écrire pour vous in-former du triste fort où j’étois réduit , pour me plain-dre à vous du faste insultant 6c de la cruauté inouie