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Tome troisieme.
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imaginées furie compte des Satyres. Quelques auteursracontent qu’un certain Euphémus , étant fur mer, futjetté par la tempête dans une iíle déserte, où il trouvades espaces d’hommes sauvages tout velus, qui avoientune queue derriere le dos, qui voulurent enlever lesfemmes de l’équipage. On dit que César, s'étant arrêtésur le bord du Rubicon, indécis s’il devoir passer ounon, vit une espece de Satyre qui jouoit du chalu-meau, & sembloit l'inviterà passer ce fleuve. S. Jérôme,dans la Vie de S. Paul hermite, rapporte que S. An-toine rencontra dans le désert un Satyre qui lui présentades dattes, & lui dit qu’il étoit un de ces habitants desbois que les payens avoient honorés fous le nom deFaunes &í de Satyres. II ajouta que ses confrères l’a-voient député vers lui pour le prier d’intercéder poureux auprès du Sauveur, qu’ils reconnoissoient être des-cendu du ciel pour le salut du genre humain. Mais ily a lieu de croire que toutes ces histoires font fabuleu-ses. II s’est trouvé cependant des rabbins qui, non-íeulement les ont adoptées , mais ont encore enchéridessus considérablement : tel est, entr’autres, le rabbinAbraham, qui s’est imaginé que les Satyres & les Fau-nes des anciens étoient en effet des hommes vérita-bles , mais dont la structure étoit demeurée imparfaite,parce que Dieu, lorsqu’il les faisoit, ayant été surprispar le soir du sabbat, avoit interrompu son ouvrage.

SCAMANDRE. C’est le nom d’un dieu du paga-nisme , qui présidoit à une riviere du même nom, dansla Troade ou la petite Phrygie. II étoit tellement res-pecté dans le pays, que toutes les filles, la veille deleurs noces, avoient coutume d’aller se baigner dansses eaux, & lui offrir leur virginité. Le dieu, flattédune pareille offrande, sortoit d’entre ses roseaux,prenoit la jeune fille par la main, & la conduisoit dansía grotte. Le lecteur conçoit fans peine quels étoientceux qui jouoient, en pareille occasion, le rôle dufleuve Scamandre. Cette superstition populaire donnalieu à une aventure que le fameux orateur Eschinerapporte dans ses Lettres. Callirhoë , jeune fille d’unerare beauté, étant allée, selon la coutume , offrir la vir-