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Tome troisieme.
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contre lui, il prend un autre chemin ; mais, s’il ne luiest pas possible de se détourner , il prend le paru de sefaire porter par-d;ssus cet endroit dangereux, patceque les mets enchantés ne peuvent nuire que par lecontact. Ceux qui le portent ne courent d’ailleurs au-cun risque : le charme , n’ayant pas été préparé contreeux , ne peut point leur faire du mal. S’il arrive qu’unNegre ait été volé , il se sert des mêmes moyens pourdécouvrir fauteur du larcin. Les loix du pays défen-dent, fous des peines très-grieves, d’avoir recours àcette espece de vengeance ; mais leur religion , ouplutôt les prêtres, pour lesquels cette superstition esttrès-lucrative, l’autorisent de tout leur crédit.

39. En Guinée, lorsqu’on a lieu de croire qu’un en-chantement ou quelqu’autre maléfice a causé la mortd’une personne, on s'empreffe de rechercher quel enpeut être fauteur, avant de pleurer le défunt, parcequ’on est persuadé que, fi on le pleuroit auparavant,toutes les recherches seroient inutiles. Les cérémoniesque ces peuples emploient pour éclaircir leurs soup-çons en pareils cas, font singulières & bizarres. Ils at-tachent ensemble un morceau de l’habillement du dé-funt , quelques rognures de ses ongles, avec une bou-cle de les cheveux. Après avoir répandu fur ce paquetune certaine poudre faite avec du bois rouge broyé ,ils le nouent au milieu d’un bâton que deux hommessoutiennent sur la tête par chaque bout ; alors le plusconsidérable de fassemblée prend en main deux espe-ces de haches qu’il frotte l’une contre f autre. II inter-roge ensuite le défunt, & lui demande quelle est lacause de sa mort. Si elle a été naturelle , les deux hom-mes qui portent le bâton font contraints, par uneimpulsion secrette, de baisser la tête. Mais , si quelquecharme a causé la mort du défunt, la même impulsionoblige les deux hommes à secouer la tête. II s’agit en-suite de sçavoir quelle est f espece & la qualité du sor-tilège qui fa fait mourir, & su r-tout quel est fauteurde ce sortilège. On continue donc d’interroger le mort :& , si l’on n’en peut tirer les éclaircissements nécessai-res , on attribue le silence de f esprit du défunt à quelque