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Tome troisieme.
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T A B]víV

T ABASQUET. Les Negres Mahométans , qui ha-bitent les pays intérieurs de la Gu:née , appellentainsi une fête lolemnelle qu’ils célèbrent à la fin de leurRamadan , & qui a du rapport avec le Bairam desTurcs & des Maures. Quelque temps avant que le so-leil se couche , on volt paroître cinq Marabouts , ayantdes tuniques blanches , assez semblables aux surplis denos ecclésiastiques. Ils marchent de front , armés delongues zagiie-. Deux Negres conduisent devant euxcinq bœufs choisis parmi les plus beaux & les plus grasdu pays. Us font o nés de feuillages, & revêtus detoiles de coton très-fines. Après les Marabouts , mar-chent les chefs des villages , parés de leurs plus beauxhabits, tenant en main plusieurs sortes d’armes, com-me des zagaies, des sabres , des poignards ; quelques-uns portent des boucliers. Viennent ensuite les habi-tants des villages : ils marchent cinq de front, & por-tent les mêmes armes que leurs chefs. Us se rendent,dans cet ordre, au bord de la riviere. Là, on atta-che les bœufs à des piquets ; & le Marabout le p'usrespectable par son ancienneté met à terre sa zagaie,étend les bras du côté de l’orient, & répete, jusqu'àtrois fois, Salamale'k! en criant de toutes ses forces.Son exemple est imité par tous les autres, qui, commelui, posent leurs armes à terre, & font ensemble lapriere accoutumée. Lorsqu’elle est finie , chacun re-prend se s armes. Par l’ordre du plus ancien Marabout,les Negres qui ont conduit les bœufs , les renversent ,& enfoncent dans la terre une de leurs cornes, ob-servant de leur tourner la tête du côté de l’orient.Darscet état, ils les immolent. Pendant que le sang de ctsanimaux coule, ils leur jettent du fable dans les yeux ,de peur qu’ils ne regardent ceux qui les égorgent ; cequi feroit d’un très-mauvais augure. Lorsque les bœufsfont morts, on les écorche ; on les coupe par quar-tiers ; & les habitants de chaque village emportent leur