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le supérieur : ce servir outrager sa dignité , que d’oserlui toucher la tête ; ainsi il est obligé de se rendre àlui-même cet office. II en est de même des vieux Ta-lapoins, qui sont réduits à se raser eux-mêmes, parteque les jeunes se seroient un scrupule de les toucher ;mais rien n’empêche les vieux de raser les jeunes. Cesjours de batbesont pour les Talapoins des jours solem-nels , sanctifiés par le jeûne. Les Siamois sont persuadésqu il n’y a que les Talapoins qui puiílent parvenir à lasainteté & à la perfection. Ils jes regardent comme desgens faits pour expier les péchés des autres , & quin'en commettent jamais eux-mêmes. Si les Talapoinsne pechent pas par eux-mêmes , ils ne se sont aucunscrupule de faire pécher les laïques, fans penser que lespéchés qu’ils font commettre par d’autres doivent leurêtre impu;és. 11 leur est défendu de faire bouillir duriz,parce que ce seroit détruire une femme. S’abstiennent-ils pour cela de manger du riz ? Non. Ils ordonnent àleurs domestiques ou aux jeunes gens qu’ils élèvent defaire bouillir du riz ; ensuite ils le mangent. 11s ne peu-vent, fans péché, allumer du feu, parce qu’ils dé-truiroient la matière dont ils se serviroient pour l’allu-mer : par la même raison , ce seroit pour eux un crimede l’éteindre quand il est allumé ; mais ils font faire l’un&l’autre par leurs serviteurs.
La Loubere nous a donné un recueil des principalesmaximes qui composent la morale des Talapoins. Enle lisant, on ne peut s’empêcher d’être surpris de lagêne continuelle que leur loi leur impose. II leur est ex-pressément défendu d’uriner , soit sur le feu , soit dansí’eau , soit fur la terre. Ils ne peuvent faire aucun creuxdans la terre ; ou , s’ils en ont fait un, il faut qu’ils leremplissent. Ce seroit un crime pour eux d’apostropherd’une maniéré injurieuse aucun être, même inanimé.11s ont une extrême vénération pour les éléments &pour toute la nature;mais on remarque en général,dans toutes leurs maximes , plus de bienséances exté-rieures, que de véritables vertus. Ils négligent le solide,pour s’attacher aux minuties. La modestie est une desvertus qui leur est le plus recommandée. Ils doivent