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Tome troisieme.
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se présentent à une porte. Si personne ne vient, ils re-commencent à frapper. II arrive rarement qu’on leslaisse passer sans leur rien donner. Les cellules desTalapoins sont extrêmement petites, & n’ont gueresque sept ou huit pieds de hauteur. Elles sont situéesfous des arbres fur le bord des grands chemins, quel-quefois au milieu des bois ; & alors ils suspendent auhaut des arbres des efpeces de cages qui les mettents couvert des bêtes féroces.

Si l’on en cro t la plupart des voyageurs , les Ta-lapoins du Pégu ne connoissent point les ruses & lesfourberies , si communes parmi les moines des autrespays. Leur vie & leurs moeurs font très-simples : ils sonthumains , charitables , & dignes d’une meilleure reli-gion. Le peuple leur porte un si grand respect, que ,íorsqu’ils ont pris le bain, ce qu’ils ont coutume defaire une fois tous les ans, il boit par dévotion l'eaudans laquelle ils se sont lavés. Les Talapoins ont ungrand-prêtrequ’ils nomment Rauii. Lorsqu’il est mort,ils embaument son corps, & le gardent pendant plu-sieurs mois. Lorsque le temps marqué pour ses obsè-ques est arrivé, ils enfoncent en terre quatre mâtsou pilliers distants l’un de l’autre de cent coudées, &qui forment un quarté : au milieu il y en a un plus hautque les autres, autour duquel ils dressent trois écha-fauds l’un fur l’autre, de maniéré que celui de des-sous est le plus large , & celui de dessus le plus étroit:ces échafauds font environnés de barrières, & rem-plis de mari res combustibles : il y a des cordes ten-dues depuis le mât du milieu jusqu’à ceux des angles,autour defquelles sont attachées plusieurs fusées : unetrompette donne le signal ; auffi-tôt on met le feu auxfusées, qui le communiquent aux échafauds; & parce moyen le corps du grand-prêtre, placé fur l’écha-faud supérieur, est bientôt réduit en cendres. On faitaussi des funérailles magnifiques aux autres Talapoins ,& c’est le peuple qui en fait la dépense. Lorsque leurcorps à été brûlé, l’on jette leurs cendres dans la riviere,

3. Les Talapoins du royaume de Laos font, áu ra -port des voyageurs, les moines les plus fourbes,