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Tome troisieme.
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pas, ils vont au temple, où ils chantent quelques priè-res fort à la hâte , afin d’avoir plus de temps pourse promener après le coucher d u loleil ; car ils jouissentalors d’une grande liberté ; & c’est ordinairement letemps qu’ils choisissent pour faire certaines actions qu’illeur est important de tenir fecrettes.

Rien n'égale l’orgueil & linlolence de ces moines :ils regardent comme de vils esclaves tous les laïques, &les marques d’honneurs qu o n leur rend, font autant dedevoirs qu’ils exigent avec un hauteur révoltante. Maisle peuple est si infatué de la prétendue sainteté de cesimposteurs, qu’il regarde leur insolence même commeune vertu. Un jeune homme , qu’une affaire de con-séquence obligeoit de le hâter, passa, lans y faire at-tention, devant un Talapoin , & ne lui rendit point letémoignage ordinaire de respect. Le moine, se croyantméprisé, envoya des gens (e saisir du malheureuxjeune homme , & lui fit donner en fa présence tantde coups de bâton , qu’it expira le lendemain. Les pa-rents du jeune homme porterrnt leur plainte devantle juge, & demanderent justice de cette violence;mais tout le peuple prit le parti du Talapoin : cha-cun exaltoit son zele à défendre l’honneurde son or-dre , & celui de la religion ; tous crioient que le jeunehomme avoir été justement puni pour son irrévérence ;& ils firent tant par leurs clameurs , que le Talapoinfut absous.

Les Talapoins ne font pas moins débauchés qu’cr-gueilleux, mais ils ont foin do bien cacher leurs dé-sordres ; car s’ils font convaincus d’avoir eu com-merce avec une femme, d’avoir voulu lui faire vio-lence, ou feulement d’avoir essayé de la séduire, leroi les condamne pour toute leur vie à prendre soindes éléphants ; fonction regardée comme infâme, &pire que la mort même. hiais i! arrive très-rarementqu’un Talapoin soit si sévèrement puni ; il faut que soncrime soit si notoire & si avéré , qu’il ne puisse rienalléguer pour se défendre ; car sur la moindre raisonqu’il apporte pour son excuse, le roi l’absout ordi-nairement. L’indulgence du monarque est un effet de