676 A
„ s’y trouvent présents, tant les femmes que les hom-,» mes, y ajoutent chacun leurs chansons , auxquelles7, ils donnent le nom de duvra. .. Les paroles qu’ils7> profèrent font fi distinctes, qu’elles expriment le nom7> du lieu dont ils désirent sçavoir quelque chose. Après7» avoir quelque temps frappé fur le tambour, il le metZ, en quelque façon fur fa tête, & il tombe auffi-tòt7, par terre , comme s’il étoit endormi , ou tombé eni, quelque défaillance... On ne lui trouve ni sentiment,7 , ni pouls, ni aucune marque de vie ; cela a donné» occasion ... de croire que l’ame de ce devin fortuit7 , effectivement de son corps ; & que , conduite par lessi démons, elle alloit au pays ... d’où l’on vouloir avoir77 des nouvelles... Pendant que le Lapon qui doit77 deviner est en cet état, on dit qu'il souffre de telle77 sorte, que la sueur lui sort du visage, & de toutes77 les autres parties du corps. Cependant toute l’assem-77 blée continue de chanter, jusqu’à ce quhl revienne77 de son sommeil. On ajoute que, si l’on discontinuoit77 le chant, le devin mourroit... de même que si l’on77 essayoit de le réveiller. C’est aussi peut-être pour77 cette même raison , que l’on a grand soin de chasser77 d’autour de lui les mouches.. . A son réveil, le La-77 pon raconte ce qu’il a appris. 77 11 doit en avoir beau-coup à raconter. Í! a eu le temps d’apprendre bien deschoses pendant une extase dont la durée s’étend quel-quefois jusqu’à vingt quatre heures.
Les Lapons emploient ausiì fort souvent leur tam-bour magique pour découvrir si telle maladie vientd’une cause naturelle , ou de la malice de quelque en-chanteur; &, dans ce dernier cas, par quel moyenils peuvent rompre le charme. 11 faut observer que lesLapons regardent comme un présage très-favotable ,le mouvement des anneaux du tambour de gauche àdroite , parce que ce mouvement imite la marche dusoleil; mais, si les anneaux vont de droite à gauche,cette direction, contraire au cours du soleil, ne leurannonce que des malheurs. Lorsque quelqu’un d’en-tr’eux tombe malade, ils prétendent connoître, parle çioyen du tambour magique, si la maladie est