Band 
Tome troisieme.
Seite
711
JPEG-Download
 

J^S>[T H E]t4V 711

fier ardent : il a le corps percé de deux broches defer, dont l’une le traverse en longuenr, & l’autre enlargeur , de maniéré qu’elles forment une espece decroix, qui a donné lieu aux Siamois de le comparer ,& même de le confondre avec Jefus-Christ. Thévatatsouffrira dans les enfers pendant un certain nombred’années, au bout defquelles il reviendra fur la terrehabiter différents corps , jusqu à ce que tous ses crimessoient entièrement expiés.

Après la Loubere, écoutons le P. Tachard. II nousapprendra encore quelques traits nouveaux qui concer-nent Thévatat. Selon le rapport de ce Jéiuite, les Sia-mois pensent qu’avant que Thévatat eût déclaré laguerre à son frere, une seule religion réunisfoit tous leshommes ; mais que , Thévatat ayant séduit plusieurspeuples avec leurs rois , il se forma une nouvelle sectequ’ils pensent être celle des Chrétiens ; conséquencequi suit nécessairement de la comparaison qu’ils font deThévatat avec Jefus-Christ. Cette nouvelle secte futsujette, comme toutes les hérésies, à des obscurités& à des disputes qui firent éclorre sept autres sectes ,qui, selon les Siamois , font les mêmes que suiventles Hoilandois, les Anglois, & tous les autres peu-ples qui se sont écartés des dogmes de l’Eglise Ro-maine. Ce que l’on trouve de plus singulier dans leP. Tachard, c’est la description du supplice de Thé-vatat dans les enfers. On y trouve que Thévatat estattaché à une croix avec de gros clous ; qu’il a fur latête une couronne d’épines, & qu’un grand nombrede plaies couvrent son corps. Sommona-Codom, ayantvu son frere souffrant dans les enfers, lui promit dele délivrer, s’il vouloir se soumettre à adorer trois chosesqu’il lui exprima , en se servant de trois paroles sa-crées , qui signifient Dieu, le Verbe de Dieu, l’imi-tateur de Dieu , & qui semblent avoir quelque rapportavec le mystère de la Trinité. Thévatat adora les deuxpremieres choses ; mais il refusa constamment d’adorerla derniere : c’est pourquoi il resta dans les enfers, &doit encore y rester fort long-temps , en punition deson opiniâtreté.

Y y iv